Si la localité est discrète, elle n'en reste pas moins un point de passage obligé pour gravir le mont blanc ou découvrir l'art baroque

le mont blanc fait toujours rêver alpinistes et touristes
le mont blanc fait toujours rêver alpinistes et touristes © Radio France / philippe lefebvre

Si à Saint Gervais on est loin du luxe tapageur ou du prestige de ses voisines Megève ou Chamonix, il ne faut pas oublier pour autant que la modeste et discrète localité de Haute Savoie est un haut lieu de l’alpinisme. « C’est un point de passage obligé pour tous ceux qui veulent partir à la conquête du Mont Blanc » nous explique-t-on au bureau des guides où se préparent souvent une escalade du toit de l’Europe qui culmine à 4809 mètres.

Et ici l’aventure commence en prenant le train !  

le train du mont blanc dépose ses passagers à 2400 mètres d'altitude
le train du mont blanc dépose ses passagers à 2400 mètres d'altitude © Radio France / philippe lefebvre

En effet avec la régularité d’un métronome les antiques wagons centenaires du Train du Mont Blanc déposent alpinistes, randonneurs et simples touristes au nid d’aigle, un refuge situé à un peu plus de 2400 mètres d’altitude, après une heure de cheminement sur la voie ferrée  la plus haute de France.  A l’arrivée le spectacle et grandiose avec d’un côté le mont blanc tranquille et majestueux comme disait Eugène Labiche et juste en face du refuge : le glacier de Bionnasay, l’autre mer de glace.Mais attention ici pas question de revivre les heures sombres du passé ou le chemin du mont blanc était une autoroute pour alpinistes plus ou moins entrainés et par forcement respectueux de la beauté du lieu. Ainsi le maire de Saint Gervais, Jean Marc Peillex, aura bataillé seul pendant 17 ans pour comme il le dit « siffler la fin de la récréation » et réguler le trafic sur le mont. Ainsi aujourd’hui il n’est plus possible de tenter l’escalade si l’on a pas auparavant réservé le gite et le couvert dans l’un des trois refuges situés sur le parcours « le camping sauvage est interdit depuis trois ans » confirme Philippe un ancien du peloton de gendarmerie de haute montagne et aujourd’hui membre de la brigade blanche, une équipe chargée de surveiller les accès au mont et surtout de s’assurer que les alpinistes disposent bien d’une réservation dans l’un des refuge. Faute de quoi ils devront redescendre dans la vallée.

le glacier de bionnasay, l'autre mer de glace
le glacier de bionnasay, l'autre mer de glace © Radio France / philippe lefebvre

Mais le mont blanc n’est pas réservé aux sportifs de haut niveau. Les simples visiteurs peuvent aussi et sans efforts ou presque s’offrir leur petite part de rêve. Pour eux la société qui exploite le train propose un forfait permettant d’accéder au nid d’aigle, d’y diner, de passer la nuit dans le refuge, de gouter les cookies de Lucie la maitresse des lieux  mais aussi et surtout de voir le coucher de soleil sur la montagne et tout cela pour un prix relativement modeste

l'église de Saint Nicolas de Veroce, le trésor du val montjoie
l'église de Saint Nicolas de Veroce, le trésor du val montjoie © Radio France / philippe lefebvre

Toutefois il ne faudrait pas réduire Saint Gervais à la simple « commune du mont blanc », en effet une fois redescendu dans la vallée vous pourrez faire de multiples découvertes ainsi avec Michaël Dal Negro accompagnateur en montagne et moniteur de vtt vous pourrez vous élancer sur les routes et les chemins du val montjoie pour découvrir notamment les églises et chapelles baroques. Il y en a une vingtaine et si ces édifices ne sont pas à première vue très spectaculaires en revanche une fois passé les portes ou les grilles vous découvrirez des trésors, des sculptures, des dorures, des tableaux et autres fresques. La richesse de l’intérieur contraste avec l’austérité extérieure. Et si ces lieux sont si richement décorés on le doit aux colporteurs qui durant l’hiver quittaient les montagnes pour vendre notamment des tissus bien au-delà des frontières de la Haute Savoie. Fortune faite ils revenaient au village participer à l’édification de l’église et s’acheter ainsi une place au paradis. Durant ce parcours d’une vingtaine de kilomètres il ne faudra pas manquer l’église de Saint Nicolas de Véroce  et bien entendu celle de Saint Gervais notamment pour admirer les vitraux de Kim En Joong un père dominicain d’origine coréenne. Ces œuvres font penser à celles de Miro ou de Dubuffet. Etonnant dans une église du 18e siècle.

Enfin bien entendu vous ne pourrez quitter Saint Gervais sans découvrir la cuisine de Romain Desgranges à la ferme de cupelin un jeune chef inventif qui ne devrait pas tarder à tutoyer les étoiles dans le petit guide rouge. Ou alors vous pourrez vous offrir une remise en forme au centre thermal car Saint Gervais est aussi un lieu de cures ou l’on propose depuis peu une cure « post-covid » non prise en charge par l’assurance maladie mais qui permet de repartir du bon pied après les mois difficiles que nous venons de vivre. 

à lire : 

la montagne à travers les articles de journaux
la montagne à travers les articles de journaux © Radio France / philippe lefebvre

la montagne sous presse d'Yves Ballu (éditions du mont blanc) revient sur 200 ans d'alpinisme notamment dans le mont blanc vu par la presse.

150 d'histoire de la compagnie des guides de Saint Gervais
150 d'histoire de la compagnie des guides de Saint Gervais © Radio France / philippe lefebvre

Dominique Potard et Julien Pelloux nous conduisent sur les traces des guides de Saint Gervaix (éditions Guérin)

Mes adresses utiles :

Office du tourisme de Saint Gervais Mont Blanc

virage montagne pour découvrir la région en vtt

la ferme  de cupelin hotel et restaurant de caractère

gaec des roches fleuries pour les amateurs de fromage

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