Passer de pays le plus fermé du monde sous la dictature d’Enver Hoxha à la nouvelle destination touristique à la mode, c’est l’exploit que réalisent en ce moment les Albanais. Objectif : recevoir 4 millions de touristes par an et peut-être un jour devenir membre de l’Union Européenne.

L'Albanie se rêve nouvelle destination touristique sur les rives de l'Adriatique
L'Albanie se rêve nouvelle destination touristique sur les rives de l'Adriatique © Radio France / philippe lefebvre

L’Albanie, nouvelle destination touristique tendance sur les bords de l’Adriatique juste en face de l’Italie ? Il faut bien reconnaitre que jusqu’au début des années 90, personne dans le monde du tourisme n’aurait misé un centime sur cette idée. Pourtant aujourd’hui, alors que le pays célèbre cette année les 30 ans de la fin de la dictature stalinienne qui a fait de ce pays pendant près d’un demi-siècle l’un des plus fermé du monde, force est de constater que l’objectif du gouvernement de Tirana de recevoir au moins 4 millions de touristes étrangers par an est atteignable.

Mais dans le pays, les habitants n’ont pas totalement tourné le dos à leur tragique passé. Ainsi plusieurs guides qui accompagnent les touristes ne manquent pas de leur faire visiter dans la capitale Tirana, quelques vestiges de la dictature d’Enver Hoxha. Ils commencent par les bunkers installés en plein centre-ville et qui ont été transformé en galeries d’art. Ensuite, ils nous invitent à pénétrer dans une bâtisse de briques rouges sinistre sous des arbres. Son nom : la Maison des feuilles. C’était à la fois le QG des écoutes téléphoniques de la capitale où les agents de la Sigurimi, la police secrète, pouvaient suivre au quotidien les faits et gestes de 40 000 familles. Par ailleurs, ce bâtiment avait aussi la réputation d’être un centre de torture dont on ne pouvait sortir que… mort. Aujourd’hui, tout le matériel d’espionnage jadis utilisé par la police y est exposé, on peut tester les systèmes de micros cachés dans les appartements et enfin à l’entrée, on ne peut manquer la liste de toutes les victimes qui ont vécu leurs derniers jours à la Maison des feuilles.

la salle des écoutes téléphoniques de la dictature dans "la maison des feuilles"
la salle des écoutes téléphoniques de la dictature dans "la maison des feuilles" © Radio France / philippe lefebvre

Mais si la connaissance de ce tragique passé est incontournable pour mieux comprendre l’Albanie d’aujourd’hui, il faut tout de même tourner la page de votre guide de voyage pour découvrir ce pays. 

Un pays à peine plus grand que la Belgique

"Découvrir l’Albanie c’est très simple, explique Ylli Sula, éditeur de guides touristiques albanais, car le pays n’est pas plus grand que la Belgique donc on peut très vite aller des plages de l’Adriatique au moment du mont Korab le toit de l’Albanie qui culmine à 2753 mètres".

Mais pour votre premier séjour, je vous conseille tout d’abord de ne pas quitter Tirana sans avoir visité le siège des Bektâchî, une branche dissidente libérale de l’Islam où les maitres mots sont tolérance et respect absolu des femmes, pas étonnant dans un pays où toutes les religions semblent vivre en parfaite harmonie.

en plein coeur de Tirana le siège mondial de la religion Bektâchî
en plein coeur de Tirana le siège mondial de la religion Bektâchî © Radio France / philippe lefebvre

Ensuite, vous pourrez prendre la route pour Berat et découvrir cette ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco avec ses maisons à flanc de colline à l’origine de son surnom de ville aux 1000 fenêtres. 

Enfin, avant de rejoindre le port de Durres, et les plages, ne manquez pas de découvrir le site antique d’Apollonia fondé en 588 avant J.-C..

L'atout numéro 1 du pays : les prix

Passer une semaine en Albanie ne coûte pas très cher. Par exemple, le voyagiste visitleurope, l’un des premiers à avoir inclus le pays dans son catalogue, propose des séjours avion compris à moins de 800 euros par personne. Côté hôtel vue sur mer, comptez au maximum pour du très haut de gamme, 90 euros. Enfin pour la restauration, la découverte des spécialités locales, tourtes, fromages et vins ne fera un trou dans votre budget puisqu’il faudra compter autour de 8 euros par personne pour un menu complet. Mais précision qui a son importance même si les prix sont plus qu’abordables, le service dans tous ces établissement n’est pas, loin s’en faut, un service low cost. 

moins de 10 euros pour un repas complet
moins de 10 euros pour un repas complet © Radio France / philippe lefebvre

Ici, la bonne humeur et le partage sont au programme alors ne vous étonnez pas si un soir dans un restaurant de Tirana l’orchestre se met à jouer "aux Champs-Elysées"... à votre arrivée et si durant la soirée, on vous invite à danser aux milieux des tables, c’est normal.

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