Explorer le pourtour méditerranéen, berceau du fenouil, c’est aussi flâner au fil d’un terreau favorable pour glaner un peu de vin ; vin qui partage plus qu’on ne le pense avec le « foeniculum vulgare », expression latine du nom d’une plante aux origines… grecques.

Si ce pourtour méditerranéen est la porte d’entrée du vin dans ce qui deviendra plus tard l’hexagone, le « sang du Christ » n’a pas franchi le seuil de la Provence à pied. Ce sont les phocéens -d’origine grecques, tiens- qui s’occupant à fonder Marseille en -600, amenèrent sur leur porte-bagages une merveilleuse plante. Pas le fenouil, mais la vigne.

Quoique… puisqu’on prête au fenouil des origines grecques, à l’évidence, fenouil et vin étaient faits pour se rencontrer.

Vingt-six siècles plus tard, toujours aux abords de la Méditerranée, la Provence est devenue un géant viticole dont le plus grand ensemble, l’Aoc « Côtes de Provence » (pour l’essentiel façonnée en rosé), arbore parfois sur ses bouteilles une « dénomination géographique complémentaire » signalant le caractère singulier des vins de certains secteurs, comme autant de crus spécifiques. À Sainte-Victoire, Fréjus, La Londe et Pierrefeu, s’ajoute aujourd’hui un cru « Notre-Dame des Anges » posé au centre du Var typé par montées de température spectaculaires et… des hivers rigoureux. Soit de fortes amplitudes thermiques qui créent un contraste favorable pour installer maturité des raisins ET fraîcheur des vins.

Si cela ne suffisait à vous séduire -vous le savez, on boit d’abord avec les yeux- le vignoble de Notre-Dame des Anges, c’est aussi un environnement privilégié, hérissé de pins parasols, chênes et châtaigneraies dominés tout là-haut, sur le Massif des Maures, par une chapelle éponyme dont l’anagramme « DEESSE MONTAGNARDE » atteste que cette Notre-Dame-là elle est bien haut perchée. Suffisamment en tous cas pour épouser du regard la mer, l’île de Porquerolles, Toulon et, qui sait, peut-être la Bonne Mère, ne serait-ce que pour revenir à notre point de départ, Marseille.

Bref, vous en conviendrez, avec un nom pareil et un voisinage à l’avenant, tout invite à faire de ce « Notre-Dame des Anges » notre vin de messe, pour cette émission du dimanche bénie des dieux.

Merci donc aux actions de grâce bienfaitrices de la Bonne Mère et de Notre-Dame des Anges, grâce à qui, miracle !, nous avons pu ressusciter un extrait de l’évangile oublié des plus dévots d’entre nous :

« Au nom du verre, du vice et du simple d’esprit »  Les vins de Provence

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