Longtemps incarné par le vin de table, le vin du travailleur connait une histoire tourmentée. Le premier acte est un âge d’or.

D’abord parce que le vin a longtemps profité d’un statut de boisson médicament (on dirait aujourd’hui « alicament »), une théorie qui trouve ses racines dans une prose médicale très ancienne. On considérait que la bonne digestion est consécutive de la cuisson des aliments dans l’estomac. Les boissons qui, comme l’eau, étaient considérées comme froides ne convenaient pas, contrairement au vin, présumé comme chaud et sensé permettre de se porter mieux.

Le « travail » -l’activité autant que le lieu- a été le siège d’une consommation encouragée, appuyée de recommandations médicales différentes en fonction de la pénibilité des métiers et selon que l’on soit homme, femme ou même enfant, en suivant l’idée que le vin rouge était un fortifiant, un reconstituant. En termes de « posologie », 2 à 3 bouteilles par jour relevait d’une ordonnance courante. Pour les pics à 8 litres parfois observés, on se rappellera que ces vins de bas étage tutoyaient difficilement les 8-10 degrés. Le vin était à ce point intimement lié au travail, qu’une partie du salaire pouvait être payé en bouteilles.

Cet âge d'or, Blois en a profité. Grâce aux voies navigables qui facilitent le commerce en direction de Paris, on estime qu’en 1800, les vins de Blois et d’Orléans représenteraient presque 20 % de ce qui se buvait à la Capitale. On serait tenté de remplacer l’expression « Bois sans soif » par « Blois sans soif ».

S’adapter ou disparaître

Autre vecteur de consommation de masse, au quotidien, la guerre. Rappelons-nous Napoléon : « pas de vin pas de soldats ». Mais l’épisode de la première guerre mondiale va donner matière à innover. L’État va servir directement -et gratuitement- à chaque soldat jusqu’à 75 centilitres par jour en 1918. Soit 1 bouteille de notre centilisation contemporaine. Soit, surtout, une béquille psychologique pour supporter l’enfer des tranchées à l’heure d’aller se faire transformer en confetti. On se rappellera que le Maréchal Foch était aussi vigneron. Quel stratège…

Vin paysan, vin ouvrier, vin du soldat, le vin du peuple, ce vin du quotidien, a la langue bien pendue et s’agissant de sa proximité avec l’univers du travail, un argot des métiers va naturellement se développer pour évoquer l’ivresse. L’ouvrier imprimerie ? « Il s’encre ». Le porteur ? « Il charge la brouette ». 

Puis vient le temps du déclin pour le vin populaire. À cause de l’uniformisation, d’abord. Pendant qu’à la vigne, on progresse en connaissance et donc en qualité, dès les années 30, l’industrie pinardière, mobilisée par le seul appât du gain, est tout occupée à organiser un massacre des sens à grands renforts de coupage, chauffage, oxydation, vieillissement artificiel… pour accoucher de vins neutres et plats. Ces vins reproductibles à l’envi hériteront du  sobriquet de « Vins Omnibus ». La surproduction, elle aussi, inquiète ! Dès 1950, on peine à écouler ces gros volumes de vins indigents dans une France viticole -et coloniale, avec vins d’Algérie sur le porte-bagages- alors que s’amorce chez les français une baisse de consommation.

Ce vin du travail, à ce point générique que la législation lui interdit d’indiquer sur l’étiquette cépages, millésime et région production, n’est pas armé pour absorber les bouleversements sociaux induits par les trente glorieuses : l’augmentation du niveau de vie et l’engagement de l’État dans la lutte antialcoolique signent l’avènement du vin de qualité et de convivialité au détriment du vin de labeur. Le phénomène qui va encore s’amplifier avec les mutations du paysage social au nombre desquels on relèvera la disparition des exploitations agricoles, la désindustrialisation, l’émergence du secteur tertiaire.

Ce désamour pour le vin de table va entraîner des campagnes d’arrachage qui vont annoncer la quasi-disparition de ces vins de

peu. Si en 1958, 55% des surfaces sont fléchées vers la production de vin de table, en 2009 il n’en subsiste plus que 5%. Pour le vin de table, nous sommes  dimanche, la messe est dite. Le vin de table n’est plus au goût de l’époque.

Vive le vin de France !

En 2009, une nécessaire réforme de la production entérine administrativement la disparition du « vin de table » et construit sur un nouveau modèle : le « vin de France » ? Toujours élaboré sans cahier des charges (contrairement aux signes de qualité Aop et Igp), ce nouvel avatar peut se raconter plus librement en communicant avec le consommateur, cépages et millésime en bandoulière. Cette nouvelle catégorie, mieux armée pour la castagne à l’export (« Vin de France », quelle force d’évocation !) va s’employer à véhiculer une autre image sociale et devenir un nouvel espace de créativité -et de valorisation- pour des vignerons souvent -très-indépendants. 

Le vin est mort ? Très bien ! Vive le vin de France !

Vins d’appellation, autour de Blois : Cheverny et Cour-Cheverny 

Touraine 

Touraine-Amboise 

Touraine-Mesland 

Cavistes :  La cave des Affranchis - Laetitia Laure

Vins naturels uniquement -16 quai Villebois-Mareuil 41000 Blois  02 54 46 87 29 - cave@lesaffranchis.vin - https://www.facebook.com/laetitia.les.affranchis

Maison Delauney

Caviste : Mathilde Lefebvre  - Cave à vin et épicerie fine

11 place du Château 41000 Blois  - 02 54 79 97 89

Au Gré du Vin 

28 Av. du Maréchal Maunoury, 41000 Blois 02 54 58 74 97

https://www.facebook.com/people/Au-Gr%C3%A9-du-Vin/100054294709577/

La Cave d'Aurèle

(appartient à un vignoble : Les Pierres d’Aurèle)

Caviste & bar à vins - 44, rue nationale 41400 Montrichard -02.54.32.57.43 - damien@lespierresdaurele.com

Manger & Boire à Blois :

Diffa  46 rue de la Foulerie 41000 Blois - 02-54-46-75-25 

www.lediffa.fr

Ana M 15 quai de la Saussaye, 41000, Blois, France -+33 9 70 99 16 35

www.facebook.com/restaurantanam

Bistrot Vélo  56 Route Nationale, 41500 Saint-Dye-sur-Loire France -02 54 81 60 46

https://www.facebook.com/pages/Bistrot%20Velo/1953047454995410/

Les 400 Coups Bar à vins naturels -42 rue Saint Lubin 41000, BLOIS

https://www.facebook.com/Les400coups41/

Brut, maison de cuisine - Adrien Delafoy

Revue :

Le vin ligérien

Agenda :

Double Inauguration

Cave = Cave des Affranchis - Laetitia Laure

Restaurant = Brut, maison de cuisine - Adrien Delafoy

Lundi 18 octobre à partir de 18:30 -14 et 16 quai Villebois-Mareuil, Blois-Vienne

Adrien Delafoy - brutmaisondecuisine@gmail.com - 07 88 45 45 84

Laetitia Laure - contact@lesaffranchis.vin - 06 58 17 05 49

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