Agnès nous parle en direct de son lit, en hommage aux travailleurs et travailleuses. Elle en profite pour nous avouer que le confinement lui a donné le goût de la retraite un peu plus tôt que prévu !

Non. Je suis au lit en pyjama parce que c’est un jour férié aujourd’hui et que je n’étais pas censée travailler. 

Mais malheureusement le rédac chef de l'émission m’a forcée à faire une chronique, sous peine je cite nos emails, de saisir “une partie de ton salaire déjà mirobolant “. 

Après l'émission, je me rendors jusqu’à lundi. 

Je réalise que tous mes proches ne rêvent que d’une chose c’est de retourner travailler le 11 Mai. Et moi j’ose le postulat inverse, et si la sortie de crise était le non retour au travail. L’oisiveté permanente. Boire au déjeuner, faire la sieste l'après midi. Péter au lit. Le confinement en fait. Sauf que c’est moi qui le décide donc c’est mieux. 

Ce confinement m’aura servi à une chose : assumer, non sans culpabiliser, le fait qu’au fond de moi, je crois que je rêve d'être à la retraite. Je ne suis même pas pour le maintien des régimes spéciaux. Je suis pour un départ à la retraite généralisé à 30 ans. POINT. Les flics auraient tous 22/23 ans bien moulés, tout gentil. Les profs auraient 24 ans max encore un peu d’acnée et c’est leur maman qui reliraient les copies. La directrice de la crèche aurait 17 ans, elle ferait goûter du Malibu ananas à mon fils, ce serait ludique et joyeux. LA j’irai au réunions parents prof avec plaisir !
Au fond, moi je veux qu’on me parle comme à un enfant. Je veux qu’on me dise que le retour au travail se fait uniquement sur la base du volontariat, un jour par semaine. En demi groupe. Les CP d’abord, les grands ensuite. Je veux qu’on me dise quand me laver les mains, qu’on désinfecte mon petit bureau avec une lingette odeur florale. Je veux repasser le bac mais sur Tiktok. Je veux que mon N 1 m’engueule sur Zoom avec un filtre Snapchat. 

Départ à la retraite à 62 ans mais moi je vais crever. En 2052 y aura plus personne. On aura vécu le COVID 19 20 21 22 3800. Tout le monde sera mort, soit d’un virus improbable, soit de dépression à force de confinements annuels en famille qui tournent au FESTEN. J’applaudirai encore chaque soir le personnel soignant mais seule, et avec mon moignon. Oui je me serai faite manger la main gauche rue de Rivoli en 2021 en donnant à manger à un renard en liberté. Les pigeons et les rats feront la taille d’une twingo. Pffff. Vous savez quoi, je vais me recoucher. Et quand je vais me réveiller lundi tout sera fini. Et je serai enfin une adulte.

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