Agnès Hurstel a assouvi son plus gros fantasme post confinement...

Oui Nagui et c’était bien de la merde. Les gens disent souvent qu’il ne faut pas les vivre les fantasmes, c’est déceptif, ça tue ton couple. Et bien « les gens » a raison. J’ai pris le risque de plus kiffer que d’hab, j’ai perdu. En effet, samedi dernier je suis retournée au restaurant. 

Parce qu’on en rêvait ! Mon dernier resto datait du 7 mars, c’était coréen et c'était avec Marina, c’était merveilleux. Et depuis le 8 mars on était seuls ! A faire l’étoile de mer devant le frigidaire. Pas de resto, pas de dîners entre amis. Pas d’amis. Rien. Mon copain, mon fils, ma plaque 3 feux et mon xanax. Donc nous arrivons au restaurant samedi dernier, émoustillés comme jamais. Prêts à lécher de la frite, prêts à être sales. Et la déjà premier problème inside mon petit fantasme que j’avais mis 3 mois à peaufiner dans ma tête tout parfait tout stimulant tout visuel :

Y a des gens . Des gens . Des gens normaux avec after-shave patchouli qui ne respectent pas la distanciation physique , enfants qui hurlent et calvitie qui te violent les yeux. Les gens sont les mêmes qu’avant. Lambdas, gris, gras, sonores. Rien n’a changé depuis mi mars. Le monde d’après quedal ! Nicolas Hulot il a rien foutu. 

Deuxième problème : les masques . Moi je veux bien : on me dit masque obligatoire, j’obéis. Sauf que les gens à leur table les ont enlevé, c’était juste pour entrer dans le restaurant, mais quand ils vont aux toilettes il faut le remettre, mais personne le fait… Les serveurs en revanche sont masqués. Sauf que le sommelier porte le sien SOUS son nez. Bah faut bien que je vois si c’est bouchonné me dit il. Ben oui. Adaptons chacun l’épidémie à nos pratiques personnelles ça devrait pas être plus compliqué que ça. Et la serveuse elle a un toc : elle resserre son masque sur son nez, comme on remettait nos lunettes au 20ème siècle.

Et quand elle nous apporte les menus, je vois qu’elle vient de les prendre des mains des clients de la table d’à côté. Client qui lui même venait de lécher le beurre sur son index avant de tendre la carte. Carte qui venait d’être proposée pour les desserts à une table encore derrière ou le serveur avait déposait le café avec son pouce sur le faut de la tasse la ou le client allait poser sa lèvre inférieure. Et la ça y est je vois toute la chaîne de mst covidienne prendre forme sous mes yeux. Ca me bloque, je suis plus dedans. Je fais semblant. 

J’essaye de me détendre de me remettre dans l’ambiance, je pense à un truc un peu excitant, une gambas , une gambas une tempura de gambas ! Ca y est je suis re la. 

Mais dernier problème : les plats arrivent : c’est dégueulasse. Qui met de l’ail à l’intérieur d’un poisson ? Qui met de l’ail dans la colonne vertébrale d’un fucking poisson !? Qui ? J’ai un problème avec l’ail. J’entretiens avec lui la même relation que j’avais avec les filles populaires du collège : je les haïssais et en même temps mon rêve c’était moi aussi d’avoir les cheveux châtains clairs LISSES, des seins, et qu’elles me parlent au cdi. Je déteste l’ail, mais quand y en a je le mange quand même, comme si ça pouvait bien se passer entre nous, sans humiliation, comme si j’étais sa copine. Je ne suis pas sa copine. J’aimerais qu’il décède par noyade et ne revienne plus jamais m’embêter. 

Bref on a été malades toute la nuit. Fourrés d’ail indigeste. Pas prête de retourner au restaurant avant un bon bout de temps, Franchement, on est mieux chez nous, Et si je veux pimenter ma routine, ben je mettrai de l’ail dans dans mon tiramisu maison.

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