Agnès a eu une éducation sexuelle très libérée avec ses parents, en ce qui concerne l’école, c’est une autre histoire…

Je suis persuadée que j’ai un zizi. 

Parce qu’on m’a toujours dit que j’en avais un en fait.

J’ai été élevée par des parents très marrants, sans tabous, qui étaient tout le temps à poil par exemple.

Oui bah on connait tous ce genre de famille, cet oncle un petit peu chelou ?

Ben moi c’est mon père.

N'empêche que mes parents, m’ont éduquée exactement comme ils ont éduqués mon frère, sans différencier, sans genrer.

Donc on avait tous les deux des “zizis”. Personne ne devait y toucher, à part nous. On devait tous les deux faire gaffe aux dingues dans la rue, dans le métro et dans les halls d’immeuble, et partout en fait.

On n’était jamais obligé d’être poli avec les adultes, par exemple si on avait pas envie de faire un bisous, ben on le faisait pas.

En revanche fallait dire non merci madame, non merci monsieur.

Par exemple : T’as l’air d’un gros dégueu et mes parents m’ont dit de me méfier des moustachus dans ton genre, mais merci de me tenir la porte Monsieur.

On avait le droit aussi, et c’est là que ça devient original, de ressentir des papillons dans le ventre ou ailleurs, ça s’appelait du DESIR, et c’était hyper ok.

Et on avait même le droit de se faire du bien, de se faire PLAISIR.

Juste, pas en public.

Oui parce que mon frère dès ses 2 ans, comme des tonnes et des tonnes d’enfants sur terre, et c’est encore tabou et je ne comprends pas pourquoi, il se faisait du bien, partout, tout le temps, sans savoir évidemment ce qu’il était en train de faire.

Aujourd'hui il s’est calmé, c’est un adulte, il fait 1m85.

Je sais pas si quelqu’un m’écoute mais je vous le dis : c’est vraiment des comportements qui sont OK à 24 mois, beaucoup moins à 24 ans.

Sur Tinder c’est d’ailleurs vraiment mieux de mettre que t’aimes la boxe thaï, tes neveux, les chats, et le scooter électrique, comme tous les startupers de la station F, que de dire que tu te masturbes en public depuis 98.

Même si personne n’est dupe. J’aurais bien aimé voir le compte Tinder de Louis CK tiens...

Bref, j’ai eu de la chance.

On m’a parlé de sexualité, de désir, de consentement, d’amour, d’orgasme, sans tabous, même je vais vous dire, ils auraient pu en rajouter un ou deux de tabous nos parents, que ça nous aurait pas dérangés avec mon frère. C’est compliqué de grandir en ayant l’impression que t’es plus réac, plus gênée, plus con que tes vieux.

Mais heureusement que eux m’en ont un peu parlé, parce que c’est pas à l’ecole que ça se passe.

Les seuls souvenirs que j’ai d’éducation sexuelle, c’était en cours de SVT. 

Donc autant le dire franchement : avec les profs les plus chelous chelous chelous du monde ! Genre si y a bien un prof qui fait flipper sur terre c’est le prof de Science et Vie de la Terre : toujours un vieux gars, en total velours côtelé kaki, eczéma purulent, haleine de grenouille disséquée, des gars qui respiraient plus la naphtaline, voire l’éther, que le sexe joyeux positif et épanoui.

A l’école les rares fois où on nous parlait de cul, le vocabulaire n’était pas positif, ludique, joyeux justement. C’était toujours les mots préventions, agressions, savoir dire non. Et évidemment qu’il faut aussi ce pan là dans le discours qu’on tient aux enfants. Mais la sexualité c’est pas que dangereux. Et c’est pas sale.

C’est même le truc le mieux sur terre. C’est gratuit, tu peux le faire autant de fois que tu veux à l’infini, sans que ça s’abime, ça rend heureux. Si c’est bien fait, et si ça arrive ni trop tôt ni trop brusquement dans ta vie.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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