Agnès s'est mise à faire des puzzles, et ça lui apporte beaucoup de joie

Mes chers amis, comment ça va depuis deux mois qu’on ne s’est pas vu ?! Êtes-vous seulement sorti de ce studio depuis mi-septembre ?! Savez-vous ce qui se passe dehors ?! C’est la folie !

En deux mois on a eu :

- Le retour des attestations de sortie

- Les tests antigéniques

- Kamala Harris

-Le congé parental doublé

- L’album de Louane

- Hugh Grant dans une série HBO

- Mon fils qui sait dire le mot caca

Moi ça va super. Je me fais pas du tout chier. J’adore les masques, j’adore le confinement. J’adore l’heure d’hiver. J’adore les dimanches soir, j’adore le mois de novembre. J’adore mon bas de pyjama sale. J’adore mon mec. J’adore l’incertitude du monde qui nous entoure. Ça va super.

Je me suis mise aux Puzzles.

Et oui je dis puzzle et pas puzzle et je vous emmerde.

C’est mon nouvel espace de liberté. Ou je ne suis ni ma famille ni mon travail. Je suis enfin moi-même, une femme. Seule, puissante. Là pour personne. Juste pour mon modèle.

Le puzzle 1000 pièces, c’est mon espace de joie. D’exaltation. L’incertitude de pas y arriver.

Me sentir challengée par du carton. Valorisée par du papier. Me sentir empoweré par un dessin.

Mais whaou !

Avant, tu vois, j’aimais sentir ma peau contre la peau de l’autre. J’aimais la moiteur j’aimais les odeurs j’aimais l’abandon. J’aimais la teub. J’aimais l’amour.

Mais ça c’était avant ce deuxième confinement.

Maintenant j’aime les puzzles.

Maintenant quand je fais un mille pièces et que je trouve tous les putains de bords. Mais je bande.

Quand je connais tellement mon modèle que j’ai même plus besoin de le regarder, et que la mini pièce verte que j’ai dans la main droite, rentre pile poil dans l’autre mini pièce verte posée sur la table... Quand le bout bleu que j’attends depuis 10 longues soirées, s’insère pile au milieu de la masse bleue déjà positionnée... 

Quand y a un bout qui veut pas. Qu’il me résiste pendant des heures, comme si y avait une erreur, comme si rien n’y ferait. Que je suis à ça d’appeler le service après-vente de mon puzzle à Cologne pour les traiter de sales nazis. Et que finalement ça s'emboite pile sous mon index.

Quand je pose la dernière mini pièce de l’énorme 1000 pièces et que tout à coup j’ai face à moi le dessin de la Belle et le Clochard mal dessiné et tout brillant en carton-pâte, qui prend toute ma table qui bloque toute ma famille et tous nos repas depuis début novembre. Quand je finis cette œuvre, que j’ai imbriqué les uns dans les autres 999 petits bouts de cartons, un verre de rouge à la main et mes chaussons d'hôtel volés en Grèce aux pieds, mais j’atteins un climax physiologique de malade. 

Y a un truc qui pète une durite dans mon limbique. J’ai des papillons jusque dans les bras. J’ai chaud j’ai froid, je ris mais j’ai envie de pleurer, j’ai envie de lâcher un « je t’aime » mais je le fais pas parce que je suis plus une bouffonne. J’ai la jambe qui tremble et les joues rouges. Je me calme enfin. Bref j’ai joui.

Je crois qu’il faut vraiment pas que ce confinement dure trop trop longtemps. Pour ma santé mentale et celle de mes proches.

Si vous avez le numéro d’un psy, ou des puzzles 1000 pièces à me gifter, je prends tout, je suis une beauté de michto !

Bisous. BONNE SEMAINE. PROTEGEZ-VOUS.

  • Légende du visuel principal: Agnès Hurstel en studio © Radio France /
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