Ce week end j’étais bien, dans mon lit, je finissais "l'Arabe du futur 4". Je m’apprêtais à me faire du bien... C’ta dire que j’allais chialer ma race.

Parce que sous les couleurs pastelles et la naïveté, vous égrenez , sans jugements et sans cynisme : toute la brutalité et la douleur du monde des adultes. 

Et c’est super chamboulant d’assister à ça. Donc j’étais là, OKLM, prête à chialer... 

Quand la personne avec qui je vis, et que j’aime 99,2 pour cent du temps, à tiré au loin la chasse d’eau de nos toilettes (ce qui est déjà adorable de sa part), a surgi dans la chambre, avec cette petite goutte de pipi sur le boxer qui est à la fois touchante et désespérante, a pris son ordi, et a lancé un replay de Stéphane plaza recherche appartement ou maison. 

Tout ça en me disant avec un grand sourire : 

“Ca va mon ange ?” Ben non, là j’ai envie de crever ! J'étais écrasée par la joie de vivre de l’autre, par la trivialité de ce bonheur quasi marital, qui venait tout à coup polluer mon envie de souffrir. Alors pour ne pas m'énerver, parce que je tiens à cet homme, à ses délires immobiliers, et à toutes ses futures tâches de pipi, j’ai prétexté une fausse histoire de charge mentale de lessive et je suis partie me réfugier chez Monoprix. 

Monoprix, comme Le musée Grévin, et Gibert Joseph, sont les trois derniers lieux au monde, où l’errance mélancolique est encore tolérée. Tout y est promesse pour les désoeuvrés dans mon genre. Monoprix depuis toujours c’est ma bulle, mon placenta. On sait que peut être, qui un beurre demi sel, qui un auto bronzant, une décolo maison, viendront donner à l’existence, une accélération un tout petit peu plus intense. Bien entendu, on terminera les mains pleines d’un bas de pyjama que l’on méprise déjà, mais on avance coûte que coûte, loin du jugement des gens qui sont beaux et qui vont bien et qui aiment faire du sport le samedi matin.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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