Agnès Hurstel n'a dormi du week-end. La faute à la rave party que les voisins ont organisé pour fêter leur 20 ans...

Je suis un monstre. Si j’ai des cernes aujourd’hui, ça n’est pas parce que je me lève à 4h du matin pour aller pêcher en haute mer. Puisque j’écoute la matinale. Tout en préparant un biberon pour des enfants en bas âge. Je ne travaille pas de nuit, je ne suis pas gogo. Je ne fais pas non plus de terreur nocture à l’idée de démarrer la semaine et de vous revoir, vous ne me faites plus peur, et la vérité, je vous aime bien. Non, j’ai des cernes parce que je n’ai pas fermé l’oeil du week end à cause d’une longue longue rave party que mes voisins ont organisée tout le week-end. 

Pire qu’une rave, les 20 ans de leur enfant. C’est à dire que pendant des heures et des heures, sans relâche, il y avait de l’autre côté pile de mon oreiller tout doux, comme une cinquantaine de gremlins dégoulinants le déodorant AXE cuir cookies et l’eau précieuse anti sébum. Qui se sont retrouvés dans un salon à demi éclairé. Qui se sont checké : Check check bro, tonton tonton, yo, Hola papi mais que passa. Check. Yoooo Yo ! Et qui ont toute la nuit, littéralement hurlé de rage, j’ai pas d’autres mots, c’était pas de la joie là, c’était de la haine, TOUTES les paroles de TOUTES les chansons qui passaient. 

Aya Nakamura, Orelsan, Angèle, Booba, Sardou. Beyoncé. Ils m’ont tout fait. Un genre de "N’oubliez pas les paroles" mais en pleine fête de Bayonne avec les vachettes sous speed. Un Interville auditif, en tout cas, pour mon inconscient à demi endormi. Même mes boules Quies tremblaient au rythme des basses. Et je dois avouer un truc, je suis jeune tu vois, je suis censée être cool. Je suis censée aimer me coucher après minuit, écouter PNL, comprendre les paroles de tout ce qui passe à la radio. Je suis censée savoir ce que ça veut dire “Pookie Pookie ferme la porte y a de la pookie dans le sas.” 

Mais en fait non. Je ne comprends pas. Enfin je comprends qu’il faut que je ferme la porte, mais je ne sais pas pourquoi... En fait j’ai 53 ans dans ma tête. Je me sens émotionnellement ménopausée. Depuis toujours hein. Déjà à 7 ans il parait que quand on passait devant des gens qui fumaient dans la rue je faisais : hum hum (tousse) et que j’avais toujours une petite laine sur moi au cas ou. Insupportable. 

Donc là, par exemple j’avais plusieurs options pendant cette teuf satanique : 

- J’aurais pu enfiler un petit crop top, aller sonner à la porte, et m’enjailler avec les djeuns tout en buvant des shots et fumant de la weed. (j’ai appris ce que voulait dire enjailler y a 3 semaines, donc je l’emploie à tout va) 

- J’aurais pu sourire depuis mon lit, et me rappeler mes 18 ans, tellement géniaux, et me dire : laissons les kiffer. La précarité, la solitude et les vergetures arriveront bien assez vite pour ces petits foufous, laissons les profiter de ces derniers instants de naïveté et Malibu Ananas. 

Mais non j’ai pas fait ça. J’ai prié pour qu’un voisin appelle la police (parce que moi je vous ai déjà expliqué j’ai un rapport ambiguë à la chose) et puis je me suis dit que si ça se trouve, cet enfant était né à cause d’un oubli de pilule dans une famille pro life. Et j’ai pensé très fort à sa mère. Et je me suis dit que si en France on était mieux renseigné sur la vasectomie, ce serait extraordinaire, parce que ben on éviterait plein de fêtes comme ça, et donc on réduirait le tapage nocturne et améliorerait la qualité de vie de beaucoup d’êtres humains. La vasectomie, au Canada c’est gratuit, ultra fréquent, indolore, ça booste apparement la sexualité des couples, et personne la bas ne dit ferme la porte y a la pookie dans le couloir !

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