Avec le printemps, c'est la saison des festivals qui s'ouvre, mais cela ne ravie pas Agnès Hurstel...

Bonjour bonjour ! 

Nous sommes fin mai, c’est donc malheureusement, comme chaque année, l’ouverture de la saison des festivals de musique, et avec eux le début de la fin de l’humanité. 

Les festivals de musique, vous savez ces endroits abominables où les gens sont ivres, hilares, torse nu, mi rouge de soleil et de gin to, mi blanc poilu. Vulgaires boules fraise-vanille. Boulimiques d’avoir accès à autant de groupes de musique en si peu de moments de vie. Ils emmènent même avec eux leurs enfants, qui n’ont pas demandé à passer 6h sous des baffles diffusant les complaintes d’un chanteur fragile. 

Aucun soucis, on leur a mis un casque, ils adorent la vibe, la foule, la bière ils sont a Montessori ! Ils sont peace ! Ils sont surtout plus du tout dans leur poussette ma vieille ! Dans un festival de musique, l’humain en couronne de fleur perd, au gré des décibels, sa dignité, son langage, ses colères, mais aussi ses engagements politiques. Puisqu’après avoir voté Yannick Jadot dimanche, il va en deux jours, saccager des hectares de pelouse, vomir sur des plantes, et balancer des préservatifs dans des buissons. 

Les festivals de musique pullulent d’ailleurs sur le même principe qu’une bonne vieille MST. T’es pas au courant, mais y'a toujours un nouveau festoche pas possible qui vient d’arriver en bas de chez toi. Comme si Solidays / We love green / Francofolies / Peacock / Hellfest / Eurockéennes / Rock en Seine / Pete the Monkey et les 300 autres ne suffisaient pas, faudrait aller soutenir le copain qui monte un truc de musiques urbaines à Paimpol, dans un parc à huîtres, "tu vas voir, ça va être dément, y'a la prochaine Angèle qui fait un rap féministe hilarant, on est entre Philippe Katerine et Jordan Bardella, viens c’est le turfu !" 

NON, ben non. Dans un festival, tu te retrouves toujours sans réseau 3G, sans tes potes, sans argent, puisque tout est CASHLESS han - "c’est cashless, allo pas d’argent c’est super !" - bloquée au milieu de 12 000 corps en transe devant une scène de tu-ne-sais-même-pas-quel-groupe, et tout le monde hurle à tue tête des refrains où la grammaire française a mourru. 

“Sur ton coeur j'fais trous de boulettes”. Là carrément le verbe n’est plus un verbe et l’article indéfini a abdiqué, inutile. Faut aller plus vite à l’info capitale. Là, la métaphore n’est pas vilaine cela dit, il y est question d’amour qui marque à vie. Dans un festival, les toilettes sont bondées, c’est deux heures de queue minimum quand t’es une fille, pour finir par faire pipi sur de la paille sèche, sans pouvoir t’essuyer.

Avec autour de toi, des millenials sur-excitées qui réfléchissent à leur place sur terre “Ah non mais moi Orelsan, je le suce direct ! Je l’adore“. Dans un festival de musique, au coin VIP, tu croises toujours des gars de 50 ans qui bossent dans le son depuis toujours, qu’ont plus de cheveux mais qui mettent encore des pulls à capuche, des converses et des bagues, parce qu’ils refusent de vieillir. Et ce qui est génial quand tu les croises, c’est qu’ils font tous genre ils détestent être là, “c’est pourri cette année… franchement on se marrait plus quand on était tous à l’héro….” 

Du coup c’est décidé, c’est tellement anxiogène pour moi les festoches, que j’ai décidé de me tester et d’aller encore plus loin. Voilà je vous l’annonce, cette année, je vais à Burning Man. Parce que dans un festival de musique, t’as toujours une pote un peu fly pour te dire : "meuf, l’année prochaine, faut absolument que tu viennes avec nous à Burning Man, c’est extraordinaire ! L’an dernier, Seb a fait un trip au LSD, il n’a plus peur en avion." Alors cette fois-ci, entre deux stands de chachouka sans gluten en attendant Orelsan sur la grande scène, j’ai dit oui à Burning Man. 

Nan, parce que je me rends bien compte que j’ai démarré l’année ici avec vous en namasté et que je la finis en reac assumée, mais passer un an à coté de Daniel, ça ferait ça à n’importe qui, même à Angèle… Donc, j’ai décidé de changer, je vais casser mon PEL, pour aller manger de la poussière au milieu de pyromanes zizi à l’air, en attendant la révélation mystique pour retrouver mon moi apaisé. 

NAMASTE

L'équipe
Contact
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.