Ce matin, Fanny se pose une question existentielle pour qui est humoriste...

SALUT LES VIEUX. 

J’ai regardé un documentaire ce week-end, qui s’appelle Laughing Matters, dans lequel des humoristes parlent de leur rapport à la santé mentale. 

Parce que vous le savez, beaucoup de gens comiques sont des clowns tristes, ils souffrent de troubles mentaux, de dépression, d’addictions, tout ça.

Robin Williams s’est suicidé, Lenny Bruce est mort d’une overdose, Guillermo Guiz a clairement des problèmes d’alcool. 

Les chroniques où il encense à son foie, ce sont pas des blagues, ce sont des appels à l’aide. Le mec, il passe son temps à dire qu’il veut crever dans des trucs. Et vous, vous êtes là « Hahaha sacré Ernesto ». Et ce pauvre garçon, il pense que vous êtes ses amigos. 

Mais donc ce documentaire, il m’a fait me poser une question : QUAND GUIZ VA-T-IL ENFIN CREVER ? 

Non. En vrai : quel est le but de l’humour ? Pourquoi faire-on des blagues ? Première raison de vouloir faire rire : 

1) Pour s’intégrer : pour trouver sa place dans un groupe social. Parce que quand on n’a rien de spécial, qu’on n’est ni beau ni laid, ni bête ni spécialement brillant, il faut bien se trouver une spécificité pour exister. Moi à 10 ans, je passais mon temps à lire et mes meilleurs amis, c’était mes phasmes. Donc clairement, quand j’étais invitée aux anniversaires, c’est qu’il y avait besoin d’une piñata. Mais quand j’ai commencé à faire des petites blagues dans la cour de récré… Ben j’ai pas eu davantage d’amis et en plus mes phasmes sont morts. Donc c’était vraiment difficile. Mais au moins maintenant dans mon spectacle, j’ai d’excellentes farces sur les phasmes. Et il n’y a pas de petite victoire, OK ?! 

2) Pour être un connard sans se faire frapper : on peut tout dire en humour et ça passe. Si hors antenne je vais voir Daniel, je le regarde droit dans les yeux et je lui dis « tu me dégoutes, Daniel ». Il va encore tenter de m’étouffer avec ses rognures d’ongles. Par contre si je dis dans une chronique « bah dis donc, Daniel Morin il a la peau tellement grasse que je me vois dans son front », tout le monde va trouver ça normal. 

3) Faire rire quelqu’un, c’est grisant ! Quand on voit qu’on fait rire quelqu’un, on reçoit un petit shot d’affection, de validation : donc pourquoi prendre le risque de se laisser briser le coeur dans des relations sincères et profondes alors qu’on peut tout simplement monter sur scène chaque soir et se gaver de l’affection superficielle de parfaits inconnus.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

Thèmes associés
(Ré)écouter La drôle d'humeur de Fanny Ruwet
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.