Pour Fanny, nous ne serons bientôt plus apte à vivre en société....

SALUT LES VIEUX. Ça m’étonne que vous soyez toujours là. 

Ça va vous ? Moi j’en peux plus de ce confinement, les amis. J’ai tellement envie que tout redevienne comme avant. Qu’on arrête de tousser dans nos coudes et qu’on le fasse dans nos mains, comme au bon vieux temps. Puis qu’on les essuie sur nos pantalons. « Quoi, une trace ? Non non, C’est juste que c’est un jeans délavé. » La belle époque.

Nos habitudes ont changé hein, depuis le début du confinement, j’ai l’impression qu’on est en train de perdre toutes les compétences qu’on avait acquises en plusieurs millénaires. On n’est plus capables de vivre en société.

Il y a quelques jours - vraie anecdote - une amie m’a envoyé un message vocal qui commençait par "ma grand-mère est morte" et se terminait par "il faut que je baise". Ce message fait 15 secondes. QUINZE SECONDES.

-      SOIT, s’enjailler c’est la sixième étape du deuil, que je ne connaissais pas : dépression, acceptation, fellation ?

-      SOIT, ça montre bien que ce confinement fout un bordel pas possible dans nos émotions et notre façon de les gérer.

Même chez moi, je le vois. Mes émotions font n’importe quoi. Y’a des jours où je suis en mode :

-      Mais c’est incroyable. Et si cette solitude imposée étaient en fait l’occasion rêvée pour apprendre à s’aimer soi-même ? C’est l’opportunité d’une vie. 

-      Et puis d’autres jours où pendant mon petit déjeuner, je trempe mes tartines dans mes larmes. Et j’ai beau essayer de me motiver à écrire des blagues « Allez Fanny, les gens ont besoin de rire pour oublier tout ça, rappelle-toi, les humoristes sont l’opium du pauvre. »

Mais au final, ça marche pas, j’essaie d’écrire des blagues & ça donne juste genre : “Vous savez ce qui est plus angoissant qu’une maladie dont on ne connait pas exactement la dangerosité ? » Moi non plus, putain.”

Je suis encore moins stable qu’avant. En un mois et demi, je suis devenue une de ces fragiles.

Un soir, j’étais tellement déprimée que je me suis brossé les dents sans dentifrice parce que j’avais peur que ça pique. 

Vraiment, on sera plus aptes à sortir. Le déconfinement progressif, c’est pas pour une question de contagion, c’est juste qu’il faut qu’on se ré-habitue au monde extérieur, parce que clairement, on va faire des trucs débiles. On ira faire des balades le long des autoroutes parce qu’on a oublié la notion de danger. Et bordel, j’ai pas survécu à une pandémie mondiale pour finir dans un ravin, avec des gens qui font 

« oh regarde un renard »

« non non, c’est Fanny Ruwet ».

(Qui ?)

On n’a plus l’habitude du danger, on s’est tellement habitués à rester chez nous, qu’on n’a même plus l’habitude d’observer notre environnement.

Vraie histoire. Hier, j’ai réalisé que j’avais un grille-pain. Je n’ai jamais acheté de grille pain. 

D’où vient ce grille-pain ? J’en ai aucune idée. Je ne sais pas. Et ça me fait flipper parce que si ça se trouve, quelqu’un a les clés de chez moi et s’amuse à venir la nuit sur la pointe des pieds venir déposer des grille-pain puis repartir comme si de rien n’était.  Donc ça me fait trop flipper. MAIS les amis, d’un autre côté, c’est quand même pratique parce que maintenant, je peux tremper des tartines GRILLÉES dans mes larmes. Et ça, ça fait plaisir.

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