Les fruits et légumes sont les heureux élus de la mondialisation. Ils voyagent. Comme la banane antillaise traitée au chlordecone et qui a empoisonné les sols antillais et les habitants. Frédérick Sigrist nous explique pourquoi.

Vous savez Nagui, des fois je regarde dans mon assiette et je mange des fruits qui voyagent plus que Kim Kardashian. Des mangues qui viennent du Cameroun. Des melons qui viennent de Floride. À une époque où l’on se demande tous si on aura assez d’argent ou de pétrole pour prendre l’avion, les légumes eux, ils n’ont jamais autant voyagé.

La mondialisation, c’est un tracas pour l’Homme, un grand pas pour les crudités ! Hier, il y a un bateau rempli de 600 migrants qui est resté 2 jours en mer parce que personne ne voulait les accueillir.

Vous vous rendez compte que si ça avait été des barquettes de fraise, ils seraient déjà dans nos frigos ? Et pourtant, ces aliments qui font du tourisme planétaire, c’est une catastrophe. Prenez la banane de Guadeloupe et de Martinique : la banane, c’est ce que les Antilles exportent le plus, juste après les chanteurs de zouk love et les grossesses non légitimes.

La banane, ce fruit délicieux qu’on n’ose jamais manger en public de peur d’une réflexion de mauvais goût, surtout si ton collègue de bureau a un nom qui commence par Na et se termine par Gui. Un fruit cité 6712 fois dans les chansons de Francky Vincent. Un des desserts préférés des enfants mais qui, aujourd’hui, aux Antilles, fait plus de victimes que Daech, le tabac et les accidents d’avion réunis.

Alors pas directement, hein! On ne peut tuer personne avec une banane… à moins de… Bon passons.

Non, la banane tue à cause du chlordercone, un pesticide utilisé aux Antilles entre 1972 et 1993. Un pesticide qui a contaminé les Antilles pour plus de 700 ans, soit une demi-fois la carrière de Gerard Collomb. Alors à la base, le but de ce pesticide c’était juste d’éliminer le charançon, un insecte qui devait être sacrément armé pour qu’on utilise un truc de ce genre! 

Je ne sais pas, le charançon antillais dans les années 70, il devait faire 1 mètre 90, 200 kilos, porter une barbe et crier "Bananes Wakbar" ! Parce que quand même, le Chlordecone, comme effets secondaires, il provoque entre autres: des troubles neurologiques et testiculaires, des troubles de la motricité, de l’humeur, de l’élocution et de la mémoire immédiate… Les mêmes symptômes que le rhum finalement, c’est pour ça qu’on s’en est pas rendu compte tout de suite.

Mais contrairement au rhum, il est interdit aux Etats-Unis depuis 1979 alors qu’en métropole, on l’a interdit en 1990. Et qu’aux Antilles, on ne l’a interdit qu’en 1993 ! C’est à dire qu’en 90, en métropole on s’est dit : « Oh la vache, c’est dangereux cette merde! » Et il aura fallu 3 ans pour qu’on l’interdise aux Antilles! Et après on dit que ce sont les antillais qui sont lents…

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