Frédérick Sigrist a renoncé à être un père parfait, car même ça, ses enfants pourraient le lui reprocher un jour ! Il vous donne ici quelques conseils pour ne pas vous prendre le chou avec vos bouts d'chou.

Ce week-end, contrairement aux autres membres de la bande… J’ai lu. C’est gratos, je sais et c’est encore meilleur. Alors c’était un dossier de Libération intitulé « Éducation bienveillante » le mythe du parent parfait. Et bien ma conclusion, c’est que je ne pourrais pas être une femme. Si on me demandait : "T’as le choix de te réincarner en homme, mais tu vis dans une tente à Calais en tant que migrant ! Ou tu es une femme qui bosse tout en gérant trois enfants..." Moi je choisis le migrant… En plus, c’est pas si mal le camping !

Sérieusement, être une femme, c’est avoir à vie le statut social d’un enfant de 5 ans. Il y a toujours quelqu’un pour te dire quoi dire, quoi faire ou comment t’habiller.  "Une femme ne devrait pas dire ce genre de choses", "Une femme ne devrait pas porter ce genre de vêtements", "Une mère ne devrait pas élever son enfant comme ça",...

Être une femme, c’est passer un casting qui n’a pas de fin. Et personne t’appelle jamais pour te dire que t’as le rôle, du coup tu passes ta vie dans le doute : "Est ce que je fais mal ?". C’est pas être féministe que de dire ça, c’est juste être réaliste. D’ailleurs, je me demande des fois si je suis féministe parce je suis « moderne » ou si c’est juste que c’est le meilleur moyen d’avoir une fellation de temps en temps...

Attention, je donne de ma personne également, c’est donnant donnant. Le cunnilingus, je l’espère, c’est la base d’une relation homme femme au XXIe siècle ! Je connais des hommes qui ont horreur de ça. Alors, je leur dis moi  : "C’est vrai que je n’aime pas éplucher les patates mais en même temps si tu veux manger de la purée..."

Oui je sais, c’est pas classe comme analogie... Mais c’est que j’aime vraiment beaucoup la purée. Mais la vérité, c’est que je suis peut être un macho qui s’ignore. Par exemple, je milite pour la parité et une égale répartition des tâches du quotidien mais pourtant à la maison, ma femme se dit victime de « charge mentale ». Elle gère beaucoup plus de choses que moi... Mais ça n’a rien à voir avec un éventuel vieux schéma patriarcal que je chercherais à faire perdurer. Non, non, non..

C’est juste qu’en tant qu’homme, j’ai personnellement fait le deuil d’être un bon père ou un bon maître de maison. Oui, c’est ça, je m’en fous. Moi ça ne me gêne absolument pas de donner à manger des pâtes au jambon à mes enfants 5 jours sur 7. Ça ne me pose absolument aucun problème. À eux non plus d’ailleurs. Et si vous me posez la question de la diversification des aliments et des repas équilibrés, j’ai la réponse. Vous remplacez le jambon par du coulis de tomate bio, et voilà ! Voilà des légumes!

Je suis du genre à acheter des chaussures aux enfants quand je vois un orteil trouer la grolle. Les lessives, ça se fait quand il n’y a plus de vêtements dans l’armoire. La vaisselle, tu l’as fait quand t’as besoin de place dans l’évier. Et bien ma femme, tout ça, elle ne peut pas ! Elle vit avec cette injonction permanente de toujours bien faire. Elle lit des histoires aux enfants avant de s’endormir,ça ne sert strictement à rien! J’ai testé ils s’endorment quand même sans ça.

Avec nos mômes, j’ai toujours l’impression qu’elle est en train de répondre à un appel d’offre. Je lui dis toujours qu’ils ne vont pas faire jouer la concurrence, ils iront pas voir ailleurs. Partout, on lit qu’il faut être un père ou une mère exceptionnelle mais les cabinets de psy sont remplis de patients qui ont eu des parents exceptionnels !

J’ai une copine qui m’a dit un jour: « Papa et maman ont toujours été là pour moi, ils m’ont toujours protégé de tout... C’est pour ça qu’à l’âge adulte, j’ose rien entreprendre! »

T’imagines le degré du reproche ! 

Mais quelle bande de salauds ! Jamais le moindre sévices ! Pas une claque ! Pas une privation, rien, les pourris ! Ils lui ont même payé des cours de poney... Vous vous rendez compte ! Comment elle peut se construire avec une enfance comme ça ?! Déjà, elle est totalement hors jeu pour une carrière dans le rap ou dans les médias !

Quand mon fils était bébé, vu qu’il a un handicap, avec sa mère, on s’inquiétait beaucoup : « Est ce qu’on fait bien ? Est-ce qu’il y a des erreurs à ne pas commettre pour qu’il grandisse heureux ?  »

Et je souviendrais toujours, le psy qui le suivait nous a dit cette phrase qui m’a décomplexé à vie : « Dans mon métier, j’ai vu des tas de familles, avec des tas d’éducation, et quoique vous fassiez, de toutes façons...vous ferez mal ! »

Comme quoi, l’éducation d’un enfant c’est comme le cunilingus. Tu fais du mieux que tu peux mais si tu rates c’est déjà pas mal.

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