Un peu de jeunesse sur les ondes de France Inter, voilà une nouvelle qui met en joie Frédérick Sigrist puisque que l'on parle de stand-up avec l'artiste Kheiron.

Bonjour à tous.

Je ne peux que vous féliciter, Nagui, d’avoir fait le choix de la jeunesse et de la diversité ce matin sur l’antenne de France Inter. Ce que l’on a sûrement perdu en audience ce matin, on l’a gagné en déontologie de service public. Car France Inter, ce n’est pas que des artistes germanopratin surcotés a l’orgueil boursouflé, convaincu d’avoir réinventé le cinéma parce qu’ils ont filmé deux adolescents à poil sur une plage du Touquet. Non, France Inter, ce n’est pas que ça !

France Inter, ce n’est pas que ces comédies navrantes au scénario plus court qu’un rapport sexuel avec Tom Villa, vendues à grand renfort de Ah ah et de oh oh par des chaînes de télévision avides de vendre des espaces publicitaires à des heures de grande écoute.

Non, France Inter ça n’est pas non plus que des chanteurs anémiques allergiques au soleil, habillés par les compagnons d’Emmaüs, qui font des chansons où le point fort c’est d’avoir fait rimer transversalité et sérendipité !

Non, France Inter, c’est aussi l’ouverture vers la culture du bitume et vers ces créatures à la peau grasse et aux bras trop longs que l’on appelle des jeunes. Et ces jeunes, on a beau ne pas toujours les comprendre, ce n’est pas pour ça qu’ils n’ont rien à dire. Et les jeunes, ils apprécient cette pratique iconoclaste qu’est le stand-up, anglicisme qui signifie tout bêtement : se tenir debout.

Kheiron est un artiste qui nous fait rire debout, à contrario des humoristes de France Inter qui ont l’habitude de faire rire, assis. En même temps, faire rire… je m’avance peut être un peu… disons des humoristes de France Inter qui ont l’habitude d’être assis. Kheiron et Shirley font du stand-up, ce qui signifie de facto que là nous faisons du sit-down.

Mais alors une question va venir tarauder l’auditeur attentif, que l’on va appeler Denis, car les Denis sont attentifs… Lorsqu’au boulot il m’arrive de raconter une anecdote debout : suis-je en train de faire du stand-up ? Non Denis ! Raconter des anecdotes debout au boulot ne fais pas de vous un stand-upper mais un branleur ! Ce qui est très différent…

En général, le stand-upper termine son tour en disant : c’est tout pour moi ! Le branleur, c’est son patron qui lui dit : c’est tout pour toi !

Kheiron est un peu le François Hollande du stand-up, c’est à dire le roi de l’impro ! À l’instar de l’ancien président en début de mandat, quand Kheiron monte sur scène, il ne sait absolument pas ce qu’il va se passer et comment il va en sortir. Roi de l’impro, ce qui est une autre manière de dire qu’il a eu la flemme d’écrire un spectacle en entier. Et c’est bien là tout le génie de ce spectacle ! Car selon le principe de l’auberge espagnole, Kheiron n’ayant pourtant de commun avec le peuple ibérique qu'une pilosité d'ours irradié, le spectateur trouvera dans le spectacle de ce dernier uniquement ce qu'il y a apporté.

Ce qui fait dire au public les rares… très rares soirs où le rire suit l’exemple d’Edouard Philippe, c’est à dire en étant discret : 

« Ce soir Kheiron était bon mais nous on a pas été terrible! »

Coluche faisait du stand up ! Guy Bedos faisait du stand up ! Kheiron fait du stand up ! Et à côté de ces grands noms, je vous le garantis, il n’a pas à se mettre assis. C’est tout pour lui !

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