A l'occasion de la venue de Daniel Pennac pour son livre "Mon Frère", Gérémy Crédeville explique les liens fraternels.

Oui, on reçoit Daniel Pennac parce qu’il a écrit le livre dont on parle depuis tout à l’heure.

Vous avez d’autres questions cons comme ça Nagui ? Y'a marqué Villa sur mon front et Algoud sur mon …pied gauche ? Non vieil homme, il aurait été plus intéressant de demander à Daniel Pennac s’il avait compris pourquoi moi j’étais là.

Parce que moi j’ai pas écrit « Mon frère », surtout qu’il s’appelle pas Bernard, moi il s’appelle Gregory mon frère. À la rigueur, j’ai un oncle qui s’appelle Bernard mais c’est pas mon frère. C’est le frère de ma mère.

Ça reste le frère de quelqu’un mais c’est pas le mien, puisque pour ma mère mon frère c’est son fils. Et le fils de Bernard s’appelle Anthony. C’est mon cousin qui est masseur.

Ben vous voyez, c’est à ça que sert la famille : rendre simple des trucs qui paraissent compliqués. Ou l’inverse.

Vous avez écrit Daniel « Mon frère », un livre sur votre frère. Moi j’ai déjà écrit sur mon frère, c’était à l’encre indélébile. J’avais dessiné une fusée que ma mère a vulgairement prise pour une bite. J’en ai passé des mercredis chez le psy à cause de mes dessins ! Mais je voulais juste être astronaute moi.

Bref, un frère c’est important. Moi mon frère, c’était la première personne physique que j’ai pu frapper. C’est comme ça qu’on s’est forgés. Maintenant moi je sais bien viser le dos et lui il court super vite.

Mon frère, c’était mes premiers pas de comédien aussi. Dès que mes parents étaient dans une autre pièce, je criais “aïe arrête Grégory ! » Et il se faisait défoncer.  

Bon, ça marchait jusqu’au jour où j’ai fait la même chose alors qu’il était parti en colonie. Pour ma défense, j’ai dit que j’étais bourré, c’est passé. J’avais 10 ans, mais c’était dans le Nord.

Un frère, c’est le genre de mec relou qui te manque dès qu’il n’est pas là. Sauf qu’à la minute où il revient, tu le retrouves relou. Un grand frère, c’est un mec qui a intérêt à avoir du goût parce que 2 ans plus tard tu portes ses fringues. Même quand t’es le frère de Nagui… Un frère, ça peut être aussi un râteau poli. On m’a déjà dit « on peut pas coucher ensemble, t’es comme un frère pour moi ». « Et alors c’est encore mieux ! » « Quoi ? » Je vous l’ai déjà dit, c’était dans le Nord.

La particularité des frères, c’est que si on n'en a pas, on s’en fabrique grâce aux copains qu’on rencontre. Les frères c’est du concret. On peut avoir des amis imaginaires. Des frères imaginaires, ça n’existe pas.

En tous cas Daniel Pennac, quand vous écrivez sur votre frère, vous écrivez sur le mien, même si le vôtre s’appelle Bernard et qu’il n’a rien à voir avec Grégory.

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