Deuxième chronique à France Inter pour Gérémy Crédeville et notre nouveau collègue tente de s'intégrer en adoptant les codes de la radio, et ainsi s'approprier l'esprit Inter.

C’est ma seconde chronique, à croire que vous n’avez tiré aucune leçon de la première. Tu me diras, y a eu deux guerres mondiales. Enfin, mondiale… Que faisait le Zimbabwe en 39 ? Pour ma première chronique, j’ai eu un badge France Inter avec la photo d’un mannequin dessus, ah ben non c’est moi. Ce badge, c’est comme mes dents, je ne l’enlève jamais. Je dors même avec. Contrairement aux vieilles personnes de la radio qui dorment sans. Leur badge, évidement, et leurs dents aussi d’ailleurs.

J’interviens que le lundi mais je viens tous les jours pour vérifier si mon badge fonctionne. Juste pour que les gens de l’extérieur me voit rentrer à France Inter et se disent : « oh ben ça doit être quelqu’un de connu son badge fait tourner le tourniquet ». Oui, les gens viennent de loin. Par contre à l’intérieur j’ai essayé de me faire des collègues c’est chaud :

- Tu veux un café ?
- Mais vous êtes qui ?
- Laisse tomber... C’est le déficient du lundi.
- Nagui ?
- Non l’autre.

Depuis lundi dernier, je fais tout pour m’intégrer j’envoie des smileys aubergine à Léa. J’ai voulu organiser une soirée avec la bande, et bien personne n’a répondu à mon Doodle.  J’ai l’impression d’avoir invité des vegans à un barbecue. Ou des alcooliques à boire de l’eau, et à ce sujet je salue Guillermo Guiz. Dans cette radio y a pas plus corporate que moi, à la maison j’ai renommé mon wifi "Je travaille à France Inter" avant c’était "Je vous entends niquer". J’ai balancé la télé, maintenant je lis. Bon ça reste des notices sur les télés mais il faut procéder par étape.

Comme Augustin Trapenard, je suis allé au musée sans rien comprendre. C’est quand même le genre d’endroit où des gens prennent en photo des photos. Où tu peux prendre des interrupteurs pour une œuvre contemporaine. Je porte maintenant des lunettes pour avoir l’air plus intelligent. Ça ne marche pas sur tout le monde, suivez mon regard : Algoud-Morin. Pour être France Inter, j’ai pris une bonne qui ne l’est pas vraiment.

Sur mon répondeur, je parle comme Fabrice Drouelle : « Gérémy Crédeville est dans l’impossibilité de vous répondre pour le moment, il vous serait gré de lui laisser un messaaaage ». J’ai arrêté de prendre le métro aussi. Je prends le taxi maintenant, alors y a moins de gens dedans mais c’est beaucoup plus cher. En plus, petit bémol, ils n’annoncent pas les arrêts.  

Depuis que je suis à France Inter, je me suis embourgeoisé, je gagne pas plus d’argent mais j’ai demandé à ma mère de me vouvoyer. Elle a un peu de mal, pourtant c’est pas compliqué faut faire comme si j’étais 2. J’écoute du Wagner, Beethoven je l’avais déjà vu. Je me suis mis à la contrebasse aussi, oh bah, ça reste une grande guitare. Mais c’est vrai que c’est plus encombrant pour draguer sur la plage.

Puis c’est un instrument asexué. Quand t’entends un mec faire « toum toum toum », t’as plus envie de lui faire une omelette qu’une pipe. Et au passage Leila fait de très bonne omelette.

Pour rester corporate depuis lundi je ne m’habille qu’en rouge et blanc :

- Vous faites les férias ? 
- Non je bosse chez France Inter

J’ai d’ailleurs changé mon nom Facebook en "Gérémy Crédeville France Inter". J’hésite à faire pareille sur ma carte d’identité mais c’est compliqué faut refaire la photo où t’es obligé de faire la gueule et moi je suis trop content d’avoir mon badge, du coup je souris. Puis il faudrait que j’enlève mes lunettes et j’aurais re l’air con. J’ai vu l’impact de ma chronique sur mon spectacle tous les vendredi et samedi à 20h15 et les dimanches à 17h30 au théâtre du Marais.

J’ai beaucoup plus de personnes. Beaucoup plus de personnes âgées. Les vrais auditeurs d’Inter finalement. Ah bah à 11h t’as ça ou Motus.

Grâce à ma première chronique, j’ai aussi découvert la haine de gens sur les réseaux,  j’ai juste fait une chronique humoristique mais t’as l’impression que j’ai baisé leur sœur. Alors que, pas encore. Ce qui est drôle, c’est que ceux qui critiquent n’ont fait aucune chronique dans aucune radio. Fabrice t’es boulanger, fais du pain !

On m’a même dit « Pour une première ça ira, mais on t’attend au tournant ». Et bien je m’en fous tant que c’est le tournant…Juste après le tourniquet…
 

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