Aujourd"hui, Gérémy Crédeville est présent dans la Bande Originale pour remplacer Daniel Morin, ce qui lui paraît être le signe d'une intégration totale à Radio France.

Salut les gens qui ont fait des études supérieures à l’école primaire et salut Nagui ! J’entends bien que ta voix tremble en citant mon nom, vieil égyptien. Le petit clapotis que vous entendez peut-être en fond sonore ça n’est pas la pluie, ce sont les fesses de Nagui qui claquent. Car oui, je gravis petit à petit les échelons de la Bande Originale. Tel un postillon blanchâtre sur les lèvres de Juppé, je m’accroche. 

« J’ai la pêche ! ». Moi qui reste un simple micro dans une peau de banane rouge dans votre trombinoscope. Aujourd’hui, consécration ultime dans mon évolution de carrière, je prends la place de Morin. Je m’approche dangereusement du siège de Nagui, enfin du siège, du rehausseur de Nagui. Je pars pourtant de très loin, telle une gastro tardive j’arrive en février dans l’équipe. Je prête ma sœur à France Inter pendant une semaine juste pour obtenir mon badge. Puis au fur et à mesure de mes chroniques hebdomadaires, j’apprends, à la lecture des commentaires de certains auditeurs, que j’ai manifestement une maman prostituée. De manière générale, ce sont des mots de 3 lettres qui reviennent régulièrement pour qualifier mes billets : soit nul, soit bof.

Ou de manière plus élaborée : Rendez-nous Pierre Emmanuel Barré. Je leur réponds des bisous, ils me traitent d’arrogant. Plus tard, j’apprends à Leïla comment faire des stories sur Instagram pendant qu’elle me parle de sa passion pour l’alcool de contrebande et les supermarchés. Et puis un jour, miracle, un absent de dernière minute chez les chroniqueurs, un trou à boucher, une doublette à réaliser, et c’est naturellement qu’on se tourne vers moi.

Le RER C était en grève donc Sigrist n’était pas dispo. En m’entendant deux fois la même semaine, 19 auditeurs font des AVC de protestation. Et les théoriciens de l’humour qui n’ont jamais écrit 3 lignes de chronique de toute leur vie émettent encore des avis qui pourraient leur servir de suppositoire.

Durant les ponts de mai, je réalise l’exploit de passer 4 fois en une semaine, un exploit qui fera exploser la plateforme vidéo de France inter qui n’en diffusera qu’une sur les 4, si ça ce n’est pas de la chance ! Petit à petit je me familiarise avec l’équipe, même les gens de l’ombre, on parle de tout, de rien, surtout de rien. De cheveux même parfois, « Oh Gérémy, qu’est-ce que t’as fait à tes cheveux ? Ils ont pris l’air ? - Et toi ils ont pris l’eau ? Non, ils ont pris la chimio ». Histoire vraie.

Aujourd’hui, je remplace Morin, certains crieront au jeunisme je répondrais sympatisme. Je répondrais même eugénisme ! Car oui, il est crevé le vieux. Le vieil âne tire sur la corde.

Le bœuf bave. Et la chouette hulule. Rendons hommage à l’homme qui se situe juste après Daniel Moquet quand on tape Daniel Mo sur un moteur de recherche. Daniel Morin…

Daniel Morin, homme lubrique aux pratiques sexuelles douteuses et rarement partagées.

Tu auras laissé une trace sur ton passage, mais une trace de quoi ? Une trace de qui ? Une trace de cul. Morin, ta joie de vivre nous manquera, comme elle t’a manqué tout au long de ta vie. Daniel Morin, avec un n en moins, tu aurais pu être l’anagramme de Limonadier. Ou de méridional. Je n’ai aucun mérite, j’ai tapé anagramme Daniel Morin sur les internets. Daniel, le vide que tu auras laissé aujourd’hui aura vite été comblé, par un autre vide. Ton coca light restera tiède, hier tu as voulu faire l’homme, tu as pris du coca zéro. Cela t’a été fatal. Toi le Julio Iglesias des ascenseurs. Ce qui fait qu’aujourd’hui, toutes les femmes de Radio France prennent les escaliers, alors qu’on est au sixième.

Toi qui faisais souvent des rêves, tu aimais nous les raconter, surtout ce rêve où tu étais arrivé en slip au bureau. Tu ne rêvais pas Daniel. Tu étais bien en slip, au bureau. Aujourd’hui, ton éternelle chemise en jean restera sur son cintre. Le cintre, ce fameux boomerang qui ne revient pas. Comme toi, espérons-le.

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