Ce matin, Guillermo revient sur la diffusion de nombreux carrés noirs sur Instagram pour dénoncer le racisme suite à la mort de George Floyd aux Etats-Unis

Ca va les amigos,
Hier matin, j’étais sur Instagram, j’essayais de déconfiner mon slip, en ce moment, j’ai la vie sexuelle d’un détecteur de fumée. Ça peut pas durer éternellement, cette histoire de Pornhub à 14h, mes  voisins font du télétravail, je prends toute la bande passante. Et donc sur Insta, je vois des carrés noirs qui bourgeonnent, en hommage à George Floyd, là, direct, je sens que j’ai un dilemme, comme dans la chanson « Should I stay or Should I go » mais en français et sans la guitare.

Parce que d’un côté, comme beaucoup de monde, ce qu’a subi George Floyd, ça m’a fait chialer, d’un autre je suis toujours réticent à exprimer ce qui m’indigne sur les réseaux sociaux. La dernière fois c’était en finale de la Star’Ac, quand Jenifer a gagné contre Mario j’avais écrit : « De toute façon, Jenifer ça a toujours été la chouchoute de la prod ! », et j’avais taggué Armande Altaï. Onze likes, je peux te dire que ça a fait un de ces boucans à l’époque !
 Depuis  lors, j’essaye d’éviter, parce qu’une indignation suit l’autre et qu’à  la fin, ça devient une espèce de course à la bonne personne.
 Je sais que  je suis une bonne personne, humainement, je suis dans le top 3 de cette  émission, derrière Albert, mais devant Agnès.
 Et faut pas vous décourager Nagui, pour moi, vous êtes aux portes du top 15. La preuve c’est que pendant le confinement, sur Instagram chaque jour, vous faisiez un appel aux dons pour des assoss qui vous tenaient à cœur,
 « Zoophiles  sans frontières », « Les p’tits climatosceptiques » « Amnistie  internationale pour les criminels de guerre »… Ben eux, par exemple,  grâce à vous, ils ont pu réengager du personnel.
 Mais ça pose la question de la manière dont il faut utiliser sa visibilité sur les réseaux sociaux, moi je sais pas… J’ai 46 000 abonnés sur Insta, c’est 46 000 de plus que Pierre Rabhi par exemple…
 Ah quand c’est pour chier dans son jardin, il est là Mr Rabhi, quand c’est pour filer ses routines beauté, y’a plus personne. Mais bon, à titre de comparaison, Nagui sur Insta, c’est 350 000 abonnés.
 Et je n’ai rien contre les gens qui achètent leurs followers franchement. Si ça se trouve ils ont kiffé MyTaratata, dans le sous-continent indien.
 Mais bon,  moi j’ai essayé pendant le confinement, je vous promets que c’est vrai :  j’ai lancé un appel aux dons pour une association que je soutiens, Les  Infirmiers de rue, j’ai récolté 5 euros… De quoi acheter un porteclé à un SDF... Pour quand il aura une clé…
 Sérieux, y’a des sans-abris qui se sont inscrits sur Insta juste pour m’envoyer « t’es une merde » en MP. Et quelque part, c’est mérité.
 Je  vous dis, je suis contrarié par le rapport entre visibilité médiatique  et charité, visibilité médiatique et activisme de clavier.
 En général, je me dis : ce qui me révolte, je vais le dénoncer dans mes chroniques. Récemment, mon zgueg m’a dit : « Quoi ? Je te révolte ? Parce que c’est moi que tu dénonces le plus souvent ! »
 J’ai dit : « Pas faux Daniel », oui, j’ai appelé mon zgueg Daniel, je vous montrerais bien pourquoi sur Zoom, c’est assez frappant, on dirait des cousins, mais ça rognerait sur ma conclusion, laquelle est la suivante :
 Hier  matin j’ai posté un carré noir sur Insta, en me disant que c’était  comme un vote de plus dans un mouvement global contre le racisme. Mais qu’est-ce que ça m’a vraiment coûté ? Vous savez ce que ça m’a coûté ? Eric Zemmour s’est désabonné de mon compte, Nadine Morano avait promis qu’elle viendrait voir mon nouveau spectacle, plus de nouvelles, j’ai envoyé « Coucou, quand est-ce qu’on se revoit ? » à Marine Le Pen, elle l’a même pas lu !
 Les retombées sont terribles pour moi, ça m’apprendra à m’engager contre le racisme !
 Non, en vrai, je vais vous dire un truc, et là je vais être sérieux : en général, je prends le Thalys pour aller à Radio France, quand j’arrive à Paris, c’est très très très très souvent les mêmes personnes qui se font contrôler à la sortie du train. Je passe à côté en me disant : « Putain, bande de bâtards », mais je passe. Le jour où je m’arrêterai, je me sentirai plus légitime pour poster un carré noir.  

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