Guillermo Guiz est fini : il ne tient plus l'alcool. Or, tenir l'alcool, c'était son seul talent dans la vie. Cette pandémie lui aura tout pris.

Ca va les amigos ? Hey, là je crois que ça y est, je suis fini, je suis fini !

Et vous allez me faire : « Sans blague, ta dernière bonne chronique, y’avait encore un pianiste dans l’émission », ouais, peut-être, en attendant qui c’est le chroniqueur le plus podcasté de toute cette radio, qui c’est ? Hein ? Hein ? 

Non, c’est une vraie question, qui c’est ? Parce que c’est pas moi en tout cas…

A ma décharge, France Inter ne me met jamais en valeur, ils postent mes chroniques sur Vimeo, avec un mot de passe, c’est Nagui qui l’a, il m’a dit c’est un truc en « ine », je me suis dit « farine », « cocaïne », il m’a fait : « Non essaye consanguine ou ma cousine », ben du coup, bonne chance pour tomber par hasard sur mon travail !

Non, je vais vous dire pourquoi je suis fini… Les amigos, je vous promets, c’est officiel, je tiens plus l’alcool. Putain, tenir l’alcool, mon seul talent dans la vie !

Ca me venait de ma mère, dans son utérus, y’avait un mini-bar, quand elle a perdu les eaux, l’infirmière a tout récupéré pour faire un pot de départ.

Sérieux, à l’origine, ma mère elle voulait m’appeler « Deux Grammes » en hommage à sa grossesse, c’est mon père qui a choisi Guy, en hommage à la cruauté. J’étais une machine de guerre niveau picole, mon foie, ils l’attendent à la Sorbonne, y’a déjà un bocal à son nom en fac de médecine, combien de fois je ne suis pas venu ici en lendemain de cuite, j’arrivais dans l’émission bourré, comme Leïla, sauf que moi, personne ne s’en rendait compte, je tenais trop bien, même si je faisais la fête cinq nuits d’affilée, le matin, je ressemblais à Meghan Markle, j’étais frais comme un Chavroux.

Puis y’a eu le Covid, sérieux avant le Covid, j’avais une descente de plante verte, je buvais n’importe quoi, whiskey essence, rhum cérumen, mon adresse elle était dans le guide du routard de la Pologne, y’avait écrit : « C’est un détour de 1300 km, mais Ernesto c’est un compétiteur ».

C’est dingue comment j’ai vieilli brusquement, y’a pas si longtemps après 12 vodkas j’étais vaguement tipsy, là je bois trois Gin Tonic, je suis en pronostic vital, il me faut 17 jours pour récupérer, comme Geneviève de Fontenay.

J’ai même pas 40 ans, j’ai plus des gueules de bois, j’ai des mini-Covid 19, je perds le goût, l’odeur, l’ouïe et le sens du toucher, j’ai l’impression d’être Mathieu Amalric dans "Le Scaphandre et le papillon", il me reste la vue pour voir à quel point je suis foutu.

Franchement, cette pandémie, elle m’aura tout pris, j’ai fait l’amour quatre fois depuis le patient 0, là mon zgueg il a des aides d’Etat, dans deux mois c’est la clé sous le paillasson et maintenant l’alcool… Ca me donne une de ces envies de crever dans un cubi, mon corps il m’envoie un signal, c’est sûr, il me dit : « Ernesto, fils du chien de fusil, tu t’es bien amusé dans la vie, maintenant accepte ton âge et va t’inscrire à ton cours de crochet ».

Ca va être ça mes prochaines chroniques : « Hey les amigos, je vous ai raconté comment je galère en maille serrée ? Je vous ai quand même tricoté une moufle », c’est pas un déclin, c’est une chute libre, je suis à Garmisch-Partenkirchen, aux pieds j’ai des Repetto, je suis pas prêt.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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