"Les Français sont dans la rue, on est boulot"... voilà un sujet d'incompréhension pour Guillermo Guiz

Comme vous le savez certainement, dans la mythologie grecque, le jaune est le symbole du soleil, du miel et des bananes, ce qui me fait dire que la mythologie grecque, finalement, c’était surtout du bon sens, faut qu’ils arrêtent un peu les Grecs de se la raconter comme s’ils avaient inventé la télécommande universelle

Mais pourquoi je vous parle de jaune ?

Ah oui, parce qu’en ce mardi 12 septembre, journée nationale de mobilisation, qui c’est qui se mobilise pas ? Nous !
Trop bien !

C’est vrai, on n’a pas tous la chance d’avoir pu donner un coup de main pendant la collaboration, pas vrai Maréchal ?

Les Français sont dans la rue, on est boulot, vous savez ce qu’a dit Bertold Brecht à propos des gens comme nous ?

Des tas de trucs, mais je suis pas là pour étaler ma classe, même si je suis déçu, moi on m’avait dit, tu vas voir, France Inter c’est Radio Corée du Nord, les journalistes se lavent jamais, les filles s’épilent avec du feu, tous les jingles se font au djembe,
Même Léa Salamé elle roule ses cigarettes,

Donc hier, persuadé qu’on se soulèverait, j’ai appelé Nagui, je lui ai dit : « Alors on fait quoi demain, par rapport au Code du travail ?»
Il me fait: « Code du travail ? Qu’est-ce que tu entends exactement par Code du travail ? »

Là j’ai appelé JB, le rédac’chef, je lui ai dit « Et quoi Nagui il est pas sensible à la mobilisation sociale ? »
Il m’a répondu : « Si si, complètement... Très sensible... Enfin si tu considères que Gilbert Montagné est sensible aux couleurs chaudes et aux lignes de fuite, disons que c’est une façon d’appréhender le réel. »

Je lui fais : « Pourtant c’est pas un patron voyou, je me rappelle, quand je suis revenu de vacances, il s’est souvenu mon prénom », Il me fait : « Oui, oui, il a ses moments... Mais là c’est une plus question de culture du syndicalisme, tu vois, les pyramides, avec la CGT, on serait encore à l’entresol, y’a des réflexes qui se gardent »,

Je vous admets que j’étais ébranlé,

Bon, pour Daniel Morin, j’étais au courant, son chauffeur, son pin’s du Medef, sa calvitie, je savais qu’on ne pouvait pas lui faire confiance,
Mais Leila ! Leila quoi ! Je demande à JB ; « Leila, elle est pas de gauche ? Elle m’a dit qu’elle était venue en RER un jour, non ? »
« Oui, mais depuis qu’elle présente le JT de France 2, elle est ni de gauche ni de droite... mais de droite, tu vois, comme Laurent Deutsh. Allez tu me casses les couilles, bon boulot »,

Du coup, je me suis retrouvé seul, face à cas de conscience, Parce que voilà, les grèves, c’est comme les queuleuleu, c’est tout le monde ou c’est personne, seul ça donne envie de crever dans une crever dans un lave-vaisselle, Mais en même temps je me suis dit : « So what ? » je suis plus un gamin, j’ai fait deux fois la chlamydia, j’ai une carte Carrefour merde,

Et sérieux, pendant un petit moment, je me suis dit « T’sais quoi ? Je vais faire grève tout seul, Florent Pagny style, (prenez ma femme et ma télé), mais vous n’aurez pas ma liberté de penser putain !

Je voyais déjà la double page dans Libé : « L’homme qui a dit non » Sous-titre: “Le chroniqueur belge a su redonner sa dignité à une chaîne en perdition”

J’étais comme un ouf, je me disais si je fais ça, c’est du 60 likes sur Facebook, Charline Vanhoeneker qui arrête de me dénoncer à la sécu de Radio France et Muriel Penicaud qui me fait des excuses publiques, « tu m’as ouvert les yeux Guillermo, petit carino... »

J’ai fantasmé le truc, c’était hyper gratifiant...

puis j’ai réfléchi à l’impact véritable qu’aurait ma grève solitaire sur l’histoire de la grogne sociale, Et alors j’ai ressenti beaucoup de tristesse

Je me suis dit : si je fais ça, niveau caisse de résonnance, ce sera un peu comme si le jour de la Finale de la Coupe du Monde en 98,

Bernard Diomède avait fait dans le vestiaire: « Les gars, démerdez-vous, je joue pas »
« Ok, Bernard, bon film ! »
« Pas la peine de me retenir, vous avez compris, c’est sans moi ! »
« Ouais ouiis, tu nous rejoins en boîte du coup ? »

Donc me voilà, paré de jaune, à interroger la force de mes convictions et des sacrifices que je suis prêt à faire.

Qui suis-je, politiquement ?
En vrai, avant j’étais de gauche, maintenant je suis célibataire,
Et c’est pas compatible,

C’est quoi ton projet politique ?
Me reproduire sous l’emprise de l’alcool !
Votez cirrhose !

Allez bonne grève, si vous avez osé la faire,
Et bonne émission les amis,

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