Ce matin, Guillermo s’intéresse aux termes suédois désignant des phénomènes de société…

Alors vous me connaissez, je ne parle JAMAIS de ma vie personnelle ici à part dans mes chroniques. Mais sinon pendant le reste de l’émission, est-ce que je suis pas dans la pudeur ?

Là par exemple ça fait 20 minutes que Jacques Attali parle et voilà, forcément je suis tenté de rappeler que « oui, moi aussi j’ai un peu connu François Mitterrand, c’est fou, quand tu le voyais en vrai, il était trapu » mais je ne suis pas comme ça.

Je sais que l’émission n’est pas centrée uniquement sur moi... Je le sais... Voilà, c’est un choix éditorial, est-ce qu’Inter va le regretter un jour ? J’en sais rien... Je dis juste qu’à un moment l’auditeur n’est pas dupe, il se dit : « Oui, ok, Jacques Attali il a conseillé les plus grands, René Coty, Raymond Domenech, Marie-Ange Nardy, mais Ernesto ? »

Pourquoi je vous dis ça ? Parce que j’ai lu un truc sur un phénomène qui se diffuse depuis la Suède, ça s’appelle « le flygskam ». Vous allez me dire : « Encore une transition où on se dit, tiens, elle est où la transition ? Et tout ça avec nos impôts ? » Attendez !

Vous voyez ce que c’est le flygskam ? En suédois on dit « le flygskam », c’est subtil. Ben voilà, à force de ne jamais parler de ma vie personnelle ici, je ne vous ai jamais dit que j’avais des origines suédoises via ma grand-mère maternelle, qui a longtemps vécu à 400 mètres de chez Ikea. 

Et le flygskam, littéralement, c’est « la honte de prendre l’avion dans un contexte de réchauffement climatique ».

C’est technique, parce qu’il ne faut surtout pas confondre avec le « flygskrüm » qui désigne « la honte de prendre l’avion, mais dans un contexte de quand t’as une gastroentérite »

Les Suédois, ils ont besoin d’un vocabulaire riche, c’est des gens qui sont très à l’écoute de leur vie intérieure. Nous moins : j’aime mes enfants, j’aime le roquefort, c’est le même verbe, on se contente de ce qu’on a.

Mais en Suède, t’es là : « Ah, Kenneth, t’as pas l’air dans ton assiette... C’est quoi ? T’as le flygskam ? » « Absolument Lars, comment tu sais ? », « Ben ça se voit à fond que t’as le flygskam ! » 

La preuve, c’est qu’il y a non seulement un mot pour désigner la honte de prendre l’avion, mais aussi un mot pour désigner « la fierté de prendre le train dans un contexte de réchauffement climatique »

L’opposé du flygskam, c’est le « trainbrag », c’est technique, parce qu’il ne faut surtout pas confondre avec le « trainkrüm » qui est évidemment « la fierté de prendre le train quand t’es une coquille Saint-Jacques ».

C’est  vrai, si t’es une coquille Saint-Jacques, je dis : que t’arrives à prendre un train, tu peux être fière, déjà parce que quand t’es une coquille Saint-Jacques neuf fois sur dix, t’as pas de carte de crédit, bonne chance pour réserver en ligne ! Mais bon chez les humains... Ça va, prendre le train... 

Moi qui suis phobique de l’avion, je n’ai jamais été fier de prendre le train, chaque année les gens me font : « Tu vas où cet été ? »

« Ben tu sais bien, moi l’avion... Du coup, je vais aller à Tours, j’aime bien les voiries, c’est du bel ouvrage... », 

Si j’avais su que je pouvais être fier ! J’aurais fait « Je vais à Tours, parce que j’ai le trainbrag » Et y a belle basilique ! Et c’est précisément pour ça que je ne vais pas à Bangkok ! »

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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