Marina Rollman s'intéresse sur le nouveau concept des restaurants aux noms plus improbables les uns que les autres...

Le weekend passé j’étais à Bordeaux… Ville sublime peuplée de gens merveilleux, souriants, bon vivants et du petit frère de Tanguy Pastureau, Alain Juppé. Et j’ai beaucoup aimé mais évidemment, j’ai été confrontée à la dureté d’un conflit culturel qui dure maintenant depuis des décennies. Question épineuse, difficile à aborder sans tomber dans le manichéisme, les raccourcis faciles alors que le propos est complexe. Géopolitiques, sociétales, ethnographiques, les ramifications sont immenses et bien loin des enjeux populistes qu’on veut lui faire revêtir…Je parle évidemment de la question de … Doit-on oui ou non dire… “chocolatine ?”

Alors contrairement aux députés qui viennent de rejeter « l’amendement chocolatine » à l’Assemblée et je vois au passage que je ne suis pas la seule à être débordée…. je ne me prononcerai pas. Mais cette aventure en terres girondines m’a fait me poser la question du nom de ce qu’on mange. Et on le mange. Et si on se balade en ville et qu’on ouvre un peu les yeux on se rend compte…QU’ON DIT N’IMPORTE QUOI BORDEL DE CHAUSSE-PIED PRALINÉ !! Sérieusement, c’est un truc de fous.

Depuis que je fais gaffe, je vois que des enseignes de restauration qui annoncent des trucs d’une imbécilité insondables…

Cave à manger, empanaderia, micro brasserie, bar à popcorn, atelier de salade, artisan du hamburger, risottier équitable, taverne tatakiste…

MAIS QU’EST-CE QUE C’EST QUE CE BORDEL ?!Depuis quand ça ne suffit plus d’aller au restaurant ? Depuis quand faut un artisan beurrier qui te fait une mouillette dans un bar à œufs ? Depuis quand on doit cacher le vide avec des concepts ?! Qué concept, pourquoi concept ? LE CONCEPT C’EST MANGER !

Manger, c’est comme le sexe et rire, ce sont les rares choses pour lesquelles y’a pas besoin de concepts. Si c’est bon, on fait, y’a pas nécessité de discourir autour.

Mais alors pourquoi ? Quand sommes-nous passés d’un monde simple, tranché et un petit peu raciste où il y avait juste des brasseries, des pizzeria et des restaurants asiat’… A aujourd’hui cette liste infinie de grands soufflés autour du vide…“Bistronomie néo-française lounge bar à grignotages et ta mère la planchette de charcuterie” ?

Ça s’est fait en plusieurs phases. Déjà, les cartes sont devenues inversement proportionnelles à la taille des plats. On a commencé à lire des trucs longs comme le bras : “farandole de légumes oubliés sur sa bisque d’oseille et son espuma acidulé”. MAIS DEJA DE OÙ TU ESPUMES GROS ? C’EST TOI TU VAS TE FAIRE ESPUMER, MOI PERSONNE IL M’ESPUME?!

Et ensuite… légumes oubliés. Mais oubliés genre longtemps ? Genre dans ton casier au foot ou au soleil dans la voiture ? Et moi je ne paie pas 14 euros pour ça, tu me donnes des légumes auxquels tout le monde a bien pensé. Des légumes genre leurs petits-enfants ils les appellent pour leur anniversaire et tout.

Si je voulais des légumes oubliés…Je reste chez moi, je fais un peu d’archéologie dans mon frigo je te retrouve un brocoli de la dernière coupe du monde, tout jaune et mou … Ça, c’est garanti 100% légume oublié !

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