Marina Rollman adresse un message de compassion aux fans de Pierre-Emmanuel Barré qui ne se remettent pas du départ de leur idole.

Collègues salariés de la bande originale, auditeurs et haters, bonjour ! J’ai un coming-out à faire : Je ne suis pas Pierre-Emmanuel Barré.

Peut-être que vous le saviez déjà, mais y’a des gens qui semblent l’apprendre chaque semaine. Alors, pour ceux qui auraient passé les cinq dernières années sous un caillou : Pierre-Emannuel Barré est un chroniqueur et humoriste qui a œuvré avec succès pendant trois ans dans la Bande Originale. Mais ça va bientôt faire une année qu’il n'est plus là. Et son départ a manifestement peiné beaucoup d’auditeurs qui possèdent, en plus du chauffage central et d’au moins un index, une connexion wifi et un compte Facebook.

Et donc, sous chaque chronique France Inter, ça ne rate jamais, y’a toujours une petite dédicace pour rappeler qu’à l’époque de Barré, les dits auditeurs riaient plus, baisaient plus, gagnaient mieux leur vie, ne rataient jamais une mayo...

Bref que c'était mieux !

Alors je les blâme pas, on sait que dans un deuil y’a plusieurs étapes : déni, colère, main dans le slip à manger des nachos devant motus... Et les fans de Pierre-Emmanuel Barré en sont semblent-ils encore pour beaucoup au déni. Ça s’exprime tantôt de manière laconique :

“C’est pas Pierre-Emmanuel Barré” 

Qui n’est pas sans rappeler Bill Clinton ou Magritte et leur fameux :

“Ceci n’est pas une pipe”

Sinon y’a aussi les :

“Ça ne vaut pas Pierre-Emmanuel Barré”

Et j’avoue que pour l’avoir rencontré en vrai, je suis d’accord. Parce que, ne serait-ce que d’un point de vue volumique, le type est quand même beaucoup plus grand. Grosse bête, doit faire 1,90 mètre pour je sais pas... 80 kilos. Moi-même, en tirant bien dessus, j’atteint difficilement le 1.63 mètre. Ce qui fait que pour un Barré faut 1,7 fois Rollman, indéniable...

Après, dans “ça vaut pas” j’imagine qu’on ne parle pas que de nos qualités physiques. Mais qu’il y a chez ces auditeurs mécontents, une nostalgie du style… C’est vrai qu’il avait un côté un peu outrancier très rigolo. Y’avait beaucoup de métaphores sexuelles un peu osées. Et là c’est vrai que moi, je ne vaux rien.

J’essaie parfois des : Céleri sodomite ! Baiser un sphynx ! Foutre de chat !

Mais on sent que je n’y crois pas.

Plus radical, y’a carrément :

“Rendez-nous Pierre-Emmanuel Barré”

Comme s’il y avait eu troc... Je tiens à le préciser, je ne l'ai pas kidnappé ! Même si cette petite salope aime comme la mère morte de Manuel Valls se faire attacher dans une cave avec un baillon boule… 

Pardon ‪!

Tout ça pour dire : on est pas obligés d’être monogames culturellement les amis. Faut pas vous sentir obligés de dénigrer un artiste pour prouver votre amour à un autre. Le cœur est extensible. Prenez Nagui, par exemple. Il a 4 enfants. Alors bien sûr qu’il en a un préféré et je crois qu’en l'occurrence c’est un 5e dont les autres ne connaissent pas l’existence. Mais il m’a assuré aimer les autres quand même. C’est aussi ça le vivre ensemble.

Pialat lors de sa remise de la palme d’or pour sous le soleil de Satan à Cannes triomphait sous les sifflets en disant à l’attention des critiques et du public. « Si vous ne m’aimez pas, sachez que je ne vous aime pas non plus »

Et bien moi sachez que je vous aime quand même. et bisous à Pierre-Emmanuel

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.