Ce weekend Marina Rollman a éteint son téléphone et son ordinateur parce qu'elle en avait marre, elle sentait qu’ils avaient pris le pouvoir...

On croit toujours que le soulèvement des machines c’est un truc du futur mais pas du tout. 

Je me suis coupé l’autre jour parce que j’étais en train de cuisiner en regardant une émission de cuisine… Eux ils faisaient des ballotines de tarama sur une émulsion de yuzu… Moi j’étais en tain de gérer une espuma de coquillettes et paf tu regardes l’écran tu te coupes.

Le niveau d’amour qu’on a pour les écrans ? Je les aime tellement, je suis d’accord de pas regarder mes doigts alors qu’il y a un couteau à côté. Pareil pour les piétons qui se prennent des vélos parce qu’ils ont leurs écouteurs, les gens qui envoient des sms en conduisant. En fait, la domination des machines c’est pas épique, le soulèvement de l’intelligence artificielle c’est pas un truc excitant à la matrix. C’est un petit despotisme humiliant au quotidien, elles nous remettent à notre place très subtilement… 

Elles font genre :

“tu m’éteins quand tu veux, c’est un gros bouton c’est facile y’en a pas beaucoup en plus… sinon je suis tout petit tu me mettre dans ta poche… ou tu peux me laisser me décharger, vraiment c’est toi qui gères…”

En vrai rien du tout, tu fais une crise d’angoisse parce que tu trouves plus de chargeur.

Et donc bref il a fallu s’occuper sans ça. Alors heureusement on a plein de jeux avec mon mari en ces temps de sous-activité. On a le jeu du café. La règle c’est… Y’a un des deux joueurs qui dit : “je fais du café t’en veux ?” Et là on attend… Et si l’autre joueur dit : “oui je veux bien”, bah on lui fait du café.

C’est un jeu où personne ne perd. Jeu pour les gens qui étaient choisis en dernier quand il fallait faire des équipes pour le ballon prisonnier. Ca fait pas des compétiteurs coriaces, c’est plus pour former les gens qui vont bosser à l’ONU. C’est bon enfant.

L’autre jeu marrant qu’on a c’est le jeu du… “ça va pas ?” Un joueur demande à l’autre si “ça va pas ?” et alors normalement le jeu part tout de suite, l’autre joueur relance : “pourquoi ça va pas ? J’ai pas l’air ? Tu crois que je suis malade ? Pourquoi tu veux toujours savoir ce que je pense ? Putain mais j’ai l’impression qu’il y a rien qui va” Ca peut partir très vite… 

Ce qui est pratique avec ce jeu du “ça va pas” c’est qu’on peut aussi y jouer tout seul. Après là où ça se complexifie, c’est si on a un joueur aguerri en face. Qui emploie la tactique dite de la désescalade. Et qui à “ça va pas ?” répond : “ça va super amour. Ca te va bien ce pull. Je suis content d’être là avec toi.” Si c’est le cas, si vous jouez avec des joueurs expérimentés. Il faut rentrer dans une deuxième phase de jeu, plus offensive…  Qui consiste peu importe la réponse à répéter le “ça va pas ?” Eventuellement accompagné d’un “t’es sûr ? Je te connais quand même” une fois par heure à peu près.  Idéalement on ajoute un verre de vin ou un coup de fil un peu contrariant à un proche pour attiser un peu les enjeux. Tu fais ça sur une journée, là normalement en début de soirée, on a une partie qui peut se révéler chouette… 

“ça va pas ?

- QUOI CA VA PAS ?! TU VEUX ME CONTRÔLER C’EST CA QUE TU VEUX ! 

C’EST MOI QUI VAIS PAS ? C’EST TOI QUI VAS PAS AVEC TON VIEUX PULL LA”

Et là on est sûrs de passer une soirée divertissante, du fun pour toute la famille, un vrai moment de partage…

Loin des écrans et de toute la violence que nous impose internet.

  • Légende du visuel principal: Marina Rollman lors de l'enregistrement de sa chronique (capture d'écran) © Radio France /
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