Marina Rollman revient sur l'affaire Harvey Weinstein, l'homme qui a produit Air Bud, et sur les justiciers du web qui pensent qu'il faut nuancer tout ça.

Je voulais vous parler de Air Bud, un film de 1997 qui me tient beaucoup à cœur. C’est l’histoire d’un golden retriever qui possède un talent hors normes pour le basket-ball. Ce qui finalement est une filière très peu encouragée chez les canins. Autant la brigade des stups embauche à tour de bras, autant y’a un vrai tabou autour des chiens dans le basket au niveau professionnel… Cette année encore un silence assourdissant de la fédération sur l’absence totale de chiens aux mondiaux de basket.

Ce qui fait donc du film Air Bud, où je le rappelle un chien joue très bien au basket malgré toutes les difficultés qui se dressent sur sa route… notamment le fait qu’il n’a pas pouces… une fable hyper poignante…

Fable dont à l’époque Leila avait dit d’ailleurs dans une chronique qu’il était “aussi exigeant que pudique”. Et je vous en parle parce que c’est un film produit par Harvey Weinstein.

Harvey Weinstein qu’on connaît en ce moment, moins comme le supporter des fictions au service de l’avancée canine dans le milieu du basket, et plus comme l’accusé de nombreux crimes à caractère sexuel. Dont celui de s’être masturbé dans des plantes vertes après avoir vu ses avances refusées par une journaliste. Et comme à chaque fois, y’a des internautes qui lisent ça et dont la réaction en substance c’est :

“Bien sûr le féminisme c’est important mais a-t-on vraiment envie de vivre dans un monde où un homme qui a réussi, qui a trimé, qui s’est donné de la peine ne peut plus éjaculer tranquillement dans un ficus ?”

Sous chaque affaire de harcèlement sexuel, il y a toujours un internaute pour nous rappeler qu’il faut nuancer !

“Parce qu’on a beau dire, Chaque histoire possède toujours deux versions.”

Bon, en l’occurrence avec Weinstein vu qu’il y a 40 histoires ça fait vite 80 versions quand même, mais faut pas juger hâtivement. Et généralement, ces événements sont prétextes pour les justiciers d’internet à alimenter 3 grandes critiques contre le féminisme. La première c’est de dire qu’à cause du féminisme, on va perdre nos traditions. Les types ils sont tout remontés :

“Ah bah génial, ça veut dire que maintenant on a plus le droit de draguer au bureau ! Une des grandes traditions française pourtant ! Et demain quoi ? On interdit Corneille, Aragon, le boudin, la macarena ? Le patrimoine c’est comme les testicules d’Hitler, on en a qu’un, faut le protéger.”

Deuxième critique du justicier d’Internet : les féministes font mal leur travail puisqu’il continue à y avoir des affaires sordides comme celle-ci. A nouveau tout fâchés :

“Ah bah super on laisse passer les Weinstein mais on nous emmerde avec l’écriture inclusive. Eh bah bravo les emmerdrices.”

Et enfin dernière critique du justicier d’internet : qu’est-ce que le féminisme nous permettra de laisser à nos pauvres enfants ? Encore une fois tout rougeaud :

“Ah bah oui évidemment c’est un homme donc lynchage médiatique. Tu vas voir un jour on pourra même plus montrer un mec à la télé. Ils ont déjà fait le remake féminin de Ghostbusters… Bientôt va sortir le remake féminin d’Ocean’s eleven. Et après quoi ? On va féminiser Tatayet ? Excusez-moi mais non. Les choses ont un sens, les marionnettes ont un sexe. Avec les questions transgenres en plus on va plus s’en sortir. Bientôt quoi dans les films Transformers… On va nous raconter qu’en fait Optimus prime est né camion mais en réalité il se sent plus jacuzzi… Comment j’explique ça à ma voiture moi après ? Elle a à peine 3 ans, elle a pas à se poser ce genre de questions.”

Et je dois vous dire qu’à ces inquiétudes je n’ai aucune certitude à opposer. Si ce n’est que dans des grands moments de détresse, il faut toujours se tourner vers l’art. C’est pourquoi j’aimerais citer un film qui me tient beaucoup à cœur, Air Bud, plus précisément le premier arbitre qui dit la phrase suivante :

Aucune règle ne stipule qu’un chien n’a pas le droit de jouer au basket.

Et j’aimerais donc dire à tous ces internautes : plutôt que de vous inquiéter de l’état du féminisme, aucune règle ne stipule que vous n’avez pas le droit de jouer au basket.

Alors allez-y, sortez !

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