Dans cette chronique, Marina Rollman fait une petite focale sur le mot "pute".

Bonjour les amis,

La semaine dernière, je me suis faite traiter de sale pute dans la rue. Voilà, pour ceux qui écoutent régulièrement l’émission, la fois d’avant c’était : “J’ai envie de te violer”. Bon… Je ne sais pas ce qu’il se passe en ce moment, je dois dégager un musc… Une phéromone à connards…
Mais c’était pas une mauvaise chose parce que ça me donne l’occasion de faire une petite focale aujourd’hui sur le mot pute. 

Pourquoi pute est une insulte ?

Parce que l’acte de se prostituer est vu comme négatif, se prostituer d’ailleurs est un verbe qu’on emploie pour parler de plein de transactions autres que la prostitution à proprement parler mais qui signifie qu’on s’est sali. Sauf que la prostitution c’est quoi? C’est fournir un service contre de l’argent… Comme tous les métiers du monde ! De chanteuse lyrique à poseuse d’isolation de salles de bains, ça s’appelle travailler en fait. Mais alors pourquoi ce métier nous dérange-t-il en particulier?

Parce qu’il est massivement exercé par des femmes et qu’il questionne l’ordre sexuel établi et la liberté qu'on a autour sexualité? Mais oui Jamy ! Et ça, c’est très grave. Parce que huissier de justice et contrôleur de train, a priori, répondent aussi à l’argument massue contre la prostitution “mais personne enfant ne rêve de faire ça”. BAH OUI C’EST LE JEU MA PAUVRE LUCETTE ! CA S’APPELLE LE CAPITALISME EN FAIT ! Les boulots, c’est pas optionnel, c’est nécessaire à ta survie, largement déterminé par l'endroit d'où tu viens et pas toujours le fruit de 700 heures de coaching après 12 ans d’études pour vraiment “réaliser ton potentiel disruptif”. Et donc, huissiers et contrôleurs c’est pas des métiers adorés… Mais on en a pas pour autant fait le symbole absolu du mal.

Donc qui sont les gens qui critiquent la prostitution sans pour autant être concernés? Et bah déjà il y a des féministes anti prostitution. Avec l’argument du viol tarifé, du fait que la prostitution continue les violences misogynes. Alors là déjà il y a négation dans les termes. Des féministes qui disent à d’autres femmes : “non mais moi je sais mieux que toi pour toi ma cocotte”, ça ressemble quand même un peu à du mansplaining dis donc ! Les féministes qui nient la possibilité d’intégrer au mouvement les femmes trans, les femmes qui portent le voile et les prostituées, ce sont donc des meufs qui disent : "Soyez libres ! Faites comme moi !"

C’est pas la liberté c’est le despotisme déguisé.

Si des travailleuses sont en danger, protégeons-les des oppresseurs, pas de leur libre arbitre.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo ! 

  • Légende du visuel principal: Marina Rollman © Radio France /
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