Les amis avant qu’on se quitte pour cette petite pause de fin d’année je voulais parler d’un sujet que je connais bien la dépression et plus précisément d’une de ses conséquences fréquentes : le suicide.

Ah ça casse l’ambiance ? Bah comme ça vous voyez ce que je vis un peu.

Une fois sur deux le reste de l’année vous interviewez des gens qui font des téléfilms sur l’inceste dans le milieu des rescapés de génocides atteints de la maladie de parkinson… 

Et pour me lancer généralement vous choisissez le moment juste après que l’invité ait parlé de son chien asthmatique mort dans ses bras ce matin-même…

Pour dire… “Merci on reviendra tout de suite plus en détails sur la mort de Mitaine mais maintenant… la drôle d’humeur de Marina Drollman”

Moi je suis là : “Bonjour aujourd’hui je voulais parler des poignées de porte”

Donc à moi de parler d’un sujet joyeux. 

Mais oui c’est joyeux parce qu’en vrai moi j’aimerais parler du fait que ce serait une bonne idée de pas se suicider.

Je vous entends “Qu’est-ce qu’elle est engagée, elle hésite pas à croquer ses contemporains d’une plume acide trempée au vitriol”

Nan mais je le dis je suis contre le suicide après je blâme pas les gens qui se sont suicidés.

Toute façon les gens qui se sont suicidés tu peux rien leur dire.

Moi j’ai plusieurs amis qui se sont suicidés, ils s’en foutent de ce que je raconte.

Les gens qui réussissent leur suicide après ils prennent un de ces melons… t’as beau avoir des arguments sensés ils font la sourde oreille.

J’irai plus loin même si j’aime pas faire des généralités : de manière générale, les gens décédés écoutent très peu.

Pas mettre tout le monde dans le même panier, pas d’amalgame, moi je vous le dis, j’ai de très bons amis décédés, ils n’écoutent pas.

Mais donc moi je m’adresse là aux gens qui pensent au suicide. 

Alors déjà je suppose que beaucoup d’entre vous le savent déjà mais : la dépression c’est une maladie. 

Ce qui veut dire que comme toute maladie : déjà c’est pas forcément une fatalité, on peut vivre avec. 

Y a plein de gens autour de cette table qui font des parcours tout à fait respectables dans le service public malgré syphilis, chlamydia ou ce que dans le jargon médical on appellera “chtouille”.

Et puis si c’est une maladie, c’est pas un truc dont vos proches peuvent vous soigner. C’est même un truc qu’ils peuvent avoir du mal à déceler.

Moi je sais parce que pendant longtemps j’ai été en dépression sans me faire soigner parce que comme c’était venu de manière progressive au bout d’un moment mon entourage s’était habitué.

Ils pensaient que c’était ma nature. Ils voyaient pas le problème. Ils disaient des trucs

“Meuh non faut pas s’inquiéter… C’est juste… On sait comment elle est Marina, elle chiale devant le Bigdil, elle passe ses weekend à fumer des clopes en regardant des corbeaux par la fenêtre, elle part en vacances sur des falaises… c’est Marina quoi.”

Attention ! C’est une maladie pas une personnalité.

On réagit comme ça avec aucune autre maladie.

Mon entourage jamais si ça avait été autre chose ils auraient dit un truc genre “Meuh non faut pas se faire de souci, elle a de la fièvre, elle tousse du sang, c’est Marina”

Mais nan c’est la tuberculose faut consulter.

La suite à écouter et à retrouver en vidéo !

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