Les lecteurs de mangas le savent, au Japon, les lycéennes sont des héroïnes. Dans la vraie vie, elles ont aussi un statut particulier qui n’a pas que de bons côtés.

Écolières japonaises qui traversent la rue à Shibuya, Tokyo .
Écolières japonaises qui traversent la rue à Shibuya, Tokyo . © Getty / Jonathan Siegel

Jupette à carreaux, chaussettes blanches, chemisier et cravate, l’uniforme des lycéennes japonaises est reconnaissable entre mille. Plus qu’une tenue, c’est un symbole, celui de la jeune fille kawaii, mignonne et sexy.

Le fantasme des lycéennes est tel qu’il a généré ces dernières années le "JK Business", autrement dit, le commerce des lycéennes : dans la version "gentille", il s’agit juste de discuter ou jouer à des jeux de société idiots autour d’une table pour distraire ces messieurs, ou encore de se promener ou de s’allonger côte à côte, sans plus. Dans la version "dure", cela va évidemment jusqu’à la relation sexuelle.

Karyn Nishimura-Poupée a interrogé pour France Inter une lycéenne de 17 ans : elle a confié faire ce travail en tout bien tout honneur. Elle est bien payée, ses parents sont d’accord, et elle ne voit aucun mal, au contraire, à exploiter ce qu’elle appelle « l’image de marque de la lycéenne ». Son patron, qui entretient plusieurs activités avec des lycéennes à Akihabara, a lui aussi assuré ne pas enfreindre la loi.

Au terme d’une mission de huit jours, fin octobre, Maud de Boer-Buquicchio, rapporteure spéciale de l’ONU sur le trafic d’enfants et la pornographie impliquant des mineurs, avait affirmé que 13% des écolières japonaises acceptaient des rendez-vous rémunérés pouvant inclure une relation sexuelle. Une pratique commune, appelée "enjo kousai" ("aider et sortir ensemble").

Pour Tokyo, il est "inacceptable" que la représentante des Nations Unies cite des "informations non fiables" et non sourcées. Quelques heures plus tard, Maud de Boer-Buquicchio a fait marche arrière et s’est rétractée.

Le chiffre est peut-être approximatif, mais le commerce d'adolescentes kawaii décrit par la rapporteuse de l'ONU, lui, est bien réel. Aiki Segawa, en charge du plaidoyer à Lighthouse, une ONG luttant contre les trafics humains et l’esclavage moderne, note :

Nous ne savons pas d’où sort cette donnée, mais tout ce qu’a dit la rapporteure spéciale durant plus d’une heure de présentation publique est, hélas, correct et avéré.

Et aussi dans le monde

En Pologne : souvenez-vous, un mystèrieux « train d’or Nazi » , rempli d'or, de bijoux et d'œuvres d'art caché par les nazis à la fin de la guerre dans une forêt, nous avait tenus en haleine l'été dernier... Aujourd'hui, les chercheurs de trésor abandonnent finalement !

En Allemagne  : Un projet une loi obligera bientôt les femmes à avouer leurs relations extraconjugales.

Un tunnel qui fait partie d'un ancien complexe souterrain nazi photographié le 20 octobre 2015 près de Walbrzych, Pologne
Un tunnel qui fait partie d'un ancien complexe souterrain nazi photographié le 20 octobre 2015 près de Walbrzych, Pologne © Getty / Gallo Images

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