Cette semaine, toujours histoire de vous changer les idées pendant le confinement, je vous emmène dans le désert pour un voyage étrange et inoubliable.

"Journey", un jeu vidéo qui vous propose un périple à travers un magnifique désert sans cesse en mouvement
"Journey", un jeu vidéo qui vous propose un périple à travers un magnifique désert sans cesse en mouvement © Annapurna Interactive

Lorsque vous commencerez à jouer à "Journey", vous ne verrez que du sable. Du sable à perte de vue, un océan de sable, balayé par le vent et sans cesse en mouvement. Au milieu de ce désert étrangement vivant, sans doute l'un des plus beaux du jeu vidéo, se dressent d'étranges tombes. Et devant ces tombes, il y a vous : un personnage tout simple, vêtu d'une large cape rouge et d'une capuche sous laquelle on devine, au milieu de l'obscurité, deux yeux brillants de détermination. Au loin, se dresse une gigantesque montagne, et à son sommet, brille une étrange lueur qui semble vous appeler. Votre voyage ("journey", en anglais) peut commencer.

Un voyage que vous ne devez pas forcément faire seul

En effet, l'une des subtilités de "Journey", qui faisait son originalité à sa sortie initiale en 2012, c'est son système de jeu multijoueur aléatoire. Je m'explique : au cours de votre périple, si quelqu'un d'autre dans le monde est lui aussi en train de jouer et se trouve au même endroit que vous, il apparaîtra dans votre partie et inversement. Vous pouvez l'ignorer totalement. Ou le suivre, s'il semble savoir où il va. Ou l'aider, tant bien que mal. Toute la difficulté vient du fait que le jeu ne propose aucune interface de communication. Pas de chat textuel ou vocal, la seule manière d'interagir avec votre compagnon de route, c'est d'agir et d'espérer que vous vous comprendrez.

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Évidemment, en 2021, et malgré la ressortie du jeu sur PC l'an dernier, cette fonction est un peu tombée en désuétude puisqu'il y a de moins en moins de chances que quelqu'un ait l'idée de lancer le jeu au même moment que vous. Mais si l'on ne peut qu'espérer que, par exemple après avoir écouté cette chronique, vous soyez un peu plus nombreux à vous retrouver dans "Journey" dans les jours qui viennent, cette mutation d'un jeu basé sur une certaine forme d'échange en expérience bien plus solitaire lui donne une dimension mélancolique encore plus forte.

En gardant à l'esprit que le monde de ce jeu a été parcouru par de nombreux joueurs avant vous, vous aurez la sensation que votre traversée suit autant leurs traces que le déroulé prévu de l'aventure. Un peu comme quand on parcourt une route au cœur d'un pays exotiques en repensant aux explorateurs qui les ont parcourues, parfois pour la première fois, des décennies plus tôt. On devine presque leurs traces dans le sable de "Journey".

Une expérience qui ne laisse pas de marbre

C'est un voyage court (un peu plus d'une heure pour en venir à bout), mais marquant. Un peu comme "Abzû", des mêmes développeurs, dont je vous avais parlé dans une précédente chronique, "Journey" vous plonge dans une ambiance unique, sans vous faire passer par le petit bain : à vous de comprendre les mécaniques de ce monde, d'expérimenter, de progresser, d'abord péniblement, en gravissant lentement les dunes, puis de manière de plus en plus fluide et agile.

Plus vous avancerez, plus votre parcours sera grisant : glisser sur le sable sur fond de soleil couchant, virevolter dans les airs pour traverser un pont depuis longtemps en ruines, échapper en une pirouette au regard de sinistres gardiens de pierre... Autant de petits moments de bravoure dans des décors magnifiques, sublimés par les compositions musicales aériennes d'Austin Wintory.

C'est aussi un périple dont il faudra chercher le sens par vous-même : le jeu ne vous donne que des indices, à travers des fresques racontant l'ascension puis la chute d'une civilisation, dont les habitants vous ressemblent étrangement.

C'est peut-être même, tout simplement, une métaphore des jeux vidéo en général, ces œuvres qui proposent une aventure que chacun vivra différemment. Au bout du chemin, aucune réponse claire ou définitive. Qu'importe, la grande leçon de "Journey" c'est que ce qui compte, ce n'est pas la destination : c'est le voyage.

🎮 "JOURNEY" - Disponible sur PC, PlayStation 4 et iOS

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