Cette semaine, coup de projecteur sur un jeu vidéo qui ne paye pas de mine, mais qui raconte son histoire d’une manière inédite et ambitieuse. Bienvenue dans un récit éparpillé en mille morceaux, qu’il va falloir reconstruire avec minutie.

Dans "13 Sentinels", l’histoire elle-même est éparpillée en mille morceaux : à vous de la reconstruire
Dans "13 Sentinels", l’histoire elle-même est éparpillée en mille morceaux : à vous de la reconstruire © Atlus

"13 Sentinels: Aegis Rim" commence en mai 1985, par une gigantesque catastrophe dans la ville japonaise d’Ashitaba. Des kaijus (des monstres immenses, capables de raser des cités entières) ont pris d’assaut la région. Au milieu de la foule qui fuit ce mystérieux assaillant, un lycéen, Juro Kurabe, reste stoïque, figé devant la scène. Il voit alors une de ses camarades de classe, Iori Fuyusaka, invoquer un robot géant avant de le piloter pour tenter de repousser l’ennemi. Elle parvient de justesse à éliminer la menace…

Et le jeu nous propulse alors dans une salle de classe, où Juro se demande ce que signifient ces étranges rêves récurrents peuplés de robots et de kaijus… Depuis peu, il en fait régulièrement, et il a aussi l’impression de ne pas être à sa place, comme si des bouts de sa mémoire lui échappaient. Sur le bureau voisin, il y a justement son amie Iori, qui s’est endormie pendant le cours. Il la réveille, et s’aperçoit qu’elle aussi a les mêmes visions.

Le mystère s’épaissit quand Kurabe s’aperçoit que Iori et lui ne sont pas les seuls à rêver de cette apocalypse à venir… Et tout va s’accélérer un soir où, en compagnie de son ami Shiba, le jeune homme voit se téléporter devant lui un robot géant, bel et bien réel, en pleine rue.

Vous allez me dire : des monstres qui rasent des villes, des robots géants, pilotés par des lycéens, on est en plein cliché de série animée japonaise... Mais c’est évidemment plus compliqué que ça.

Un récit puzzle gigantesque à reconstituer

Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus compliqué. Car ne vous y trompez pas, derrière son aspect visuel magnifique, entre manga et aquarelle, le jeu invente tout simplement une nouvelle façon de raconter une histoire, elle-même passionnante sur le papier. En fait, si le scénario de "13 Sentinels" était un puzzle, il compterait plusieurs milliers de pièces éparpillées sur un terrain de football. L’histoire tourne autour de 13 personnages différents, et au lieu de dérouler son récit de manière linéaire, vous êtes invité à explorer, dans l’ordre que vous voulez, de petites séquences de leurs aventures, entrecoupées de batailles qui, elles, semblent se dérouler bien plus tard.

Oui parce qu’évidemment, au cas où tout ça vous semblerait encore trop simple, aucune de ces petites histoires n’est rangée dans un ordre chronologique. Ce qui fait que vous allez parfois découvrir un événement du point de vue d’un personnage, et vous ne comprendrez ce qui s’y passe qu’en explorant le point de vue d’un autre protagoniste dans son passé ou son futur.

Ah oui, et tout s’étale sur plusieurs décennies.

Ça peut faire peur, et d’ailleurs les premières minutes de jeu donnent l’impression d’être submergé d’informations… Mais la manière dont "13 Sentinels" parvient à nous perdre juste assez pour nous donner envie de continuer, tout en nous aidant à reconstruire méthodiquement son récit éclaté en mille morceaux, est absolument bluffante.

🎮 "13 SENTINELS: AEGIS RIM" - Disponible sur PlayStation 4

Merci à Julien Baldacchino, Philippe Bardonnaud, Yann Gallic et Lucie Lemarchand pour le doublage des voix.

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.