Cette semaine, je me suis posé une question : peut-on connaître une ville, uniquement en l'ayant visitée dans un jeu vidéo ? C'est en tout cas l'impression que laissait, en 2012, "Sleeping Dogs", un jeu "à la GTA" qui nous plongeait dans une Hong Kong foisonnante, pleine de bruits, de cris et de lumières.

Tentaculaire et vivante, la ville de Hong Kong est un personnage à part entière du jeu vidéo "Sleeping Dogs"
Tentaculaire et vivante, la ville de Hong Kong est un personnage à part entière du jeu vidéo "Sleeping Dogs" © SquareEnix

Ces derniers jours, Hong Kong est revenue au cœur de l'actualité. Et en regardant les images de la ville à la télé, je me suis dit à plusieurs reprises : "Tiens, je reconnais cette avenue" ou "Ah oui, cet immeuble, ça me dit quelque chose". Ce qui est totalement absurde, parce que je n'ai jamais mis les pieds à Hong Kong. En revanche, en y réfléchissant un peu, j'ai joué pendant des heures à "Sleeping Dogs", un jeu dont l'action se déroule dans l'ancienne colonie britannique. On pourrait même dire qu'elle en est le personnage principal.

L'histoire commence une nuit, dans le port de pêche de la ville. Sous une pluie battante, deux hommes négocient avec un trafiquant de drogue local. Vous êtes l'un d'eux, Wei Shen, de retour à Hong Kong après de longues années passées à San Francisco. Et ce premier deal va mal tourner. Wei Shen se retrouve en cellule, où il retrouve l'un de ses amis d'enfance, Jackie Ma, lui aussi arrêté. Ce dernier va proposer à son ami de travailler avec lui pour Winston Chu, un des chefs des Sun On Yee, les triades de Hong Kong.

Sauf que Wei Shen n'est pas une simple petite frappe : c'est un flic infiltré, le dernier d'une longue série de tentatives de la police locale pour faire tomber les Sun On Yee. Il va devoir gravir les échelons au sein des triades, tout en préservant la réelle nature de sa mission... Mais aussi ses véritables motivations, bien plus personnelles.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Un scénario qu'on croirait tiré d'un film de John Woo

C'est toute l'originalité de "Sleeping Dogs", ce qui lui permet de se démarquer des nombreux autres jeux inspirés du blockbuster "Grand Theft Auto". Là où la plupart d'entre eux reprennent un canevas classique (et très américain) suivant l'ascension (et la chute) d'un gangster, "Sleeping Dogs" joue habilement de la dualité de son personnage, qui doit devenir un membre craint et respecté des triades, sans sombrer et devenir soi-même un criminel.

Le jeu est un hommage sincère au cinéma de Hong Kong jusque dans sa manière de mettre en scène l'action, en mettant l'accent sur les acrobaties et les affrontements à mains nues très chorégraphiés, comme dans les œuvres de réalisateurs cultes comme Tsui Hark, John Woo ou Johnny To. Une péninsule sublimée dans le jeu, tentaculaire, vivante, pleine de bruits de rue, de marchands qui vous haranguent, de dialogues mêlant anglais et cantonais, de foules qui vous enveloppent jusqu'à vous donner l'impression de vous être vraiment baladé sur place.

"Sleeping Dogs" est donc un jeu aussi formidable... que sous-estimé : encensé par la critique, il fut pourtant un semi-échec commercial... Son studio a même dû fermer ses portes en 2016. Mais je ne peux que vous inviter à vous plonger dans sa version mise au goût du jour "Definitive Edition" : même six ans après sa sortie, elle tient la dragée haute à une bonne partie de la concurrence récente.

🎮 "SLEEPING DOGS: DEFINITIVE EDITION" - Disponible sur PC, Mac, PlayStation 4 et Xbox One

Merci à Julien Baldacchino, Franck Ballanger et Emmanuel Grabey pour le doublage des voix

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.