Plongée dans une aventure particulièrement vaste, déjà très réussie sur Wii lors de sa sortie en 2011, mais qui prend une toute autre dimension dans ce remake sur Switch. Comme si elle pouvait enfin déployer pleinement ses ambitions en termes de mise en scène.

Dans "Xenoblade Chronicles", tout est (beaucoup) plus grand que nature
Dans "Xenoblade Chronicles", tout est (beaucoup) plus grand que nature © Monolith Soft

Il y a un mot typique des années 90, totalement ringard aujourd'hui, mais que j'aime bien : c'est l'adjectif "giga" (comme dans la phrase, triplement ringarde : "ta collec de pin's, elle est giga"). Je l'aime bien parce qu'il a un double sens : "giga", ça veut dire "super", tout en renvoyant aussi à "gigantesque". Et je trouve que ce mot définit assez bien "Xenoblade Chronicles", le jeu dont je voulais vous parler ce matin.

Car tout dans ce jeu est génialement démesuré. À commencer par son décor : il y a plusieurs millénaires, alors que le monde n'était qu'un océan infini, deux titans de la taille d'un continent se sont affrontés dans une lutte sans merci. Les deux géants, Bionis et Mekonis, finirent par se transpercer mutuellement de leurs épées, se figeant à tout jamais. La vie a ensuite trouvé son chemin : Bionis est devenu le berceau de toutes sortes de créatures vivantes, dont les humains ; à l'inverse, sur Mekonis, sont apparus de terribles êtres mécaniques, les Mekons. Après s'être longtemps ignorés, les deux espèces sont brutalement entrées en guerre... Et l'histoire de "Xenoblade Chronicles" commence alors qu'une paix fragile semble s'être installée.

Combattre le futur

Le jeu nous fait suivre le destin d'un petit groupe d'humains : Shulk, Reyn, Dunban et Fiora... Quatre habitants de la colonie 9, installée sur la titanesque jambe de Bionis. Une violente attaque de Mekons va bouleverser leur existence paisible et obliger Shulk, jeune scientifique peu préparé à mener une guerre, à brandir Monado, une épée aux étranges pouvoirs, qui lui permet de voir et surtout de changer l'avenir. Il va le découvrir en sauvant de justesse son ami Reyn d'une araignée monstrueuse.

Et ce n'est qu'un aperçu des pouvoirs de Monado et du destin de Shulk, qui commence à avoir des visions prophétiques de plus en plus inquiétantes. C'est le début d'une quête épique où nos héros affronteront, avec l'énergie du désespoir, le destin lui-même.

Classique, mais doté d'atouts gigantesques

"Xenoblade Chronicles" est un JRPG, un jeu de rôles à la japonaise, genre qui a produit des centaines de titres et connu un succès constant sur l'archipel nippon. Et même moi, qui en suis pourtant friand, je le reconnais bien volontiers : c'est un genre qui tourne trop souvent en rond, avec des clichés scénaristiques redondants et des mécaniques de jeu qui donnent à une bonne partie de la production des airs de déjà-vu.

Heureusement, cela met d'autant plus en valeur les perles rares : la folie euphorisante d'un "Persona 5", les personnages attachants d'un "Final Fantasy VII", ou le gigantisme de ce "Xenoblade Chronicles". Bien sûr, il n'échappe pas à certains travers du genre, comme un système de jeu parfois indigeste et inutilement complexe. Mais rarement un jeu vidéo aura donné autant la sensation de n'être qu'une petite fourmi se débattant au milieu d'un monde dont elle peine à voir les contours. Et il sait parfaitement générer de délicieuses montées d'adrénaline lorsque vous apercevez une gigantesque vallée peuplée de créatures immenses, ou que vous vous lancez à corps perdu dans un combat homérique.

Sorti sur Wii en 2011, puis la semaine dernière dans une version superbement remastérisée, le jeu n'a non seulement rien perdu de son panache, mais il n'a même jamais été aussi beau et prenant. C'était déjà un très bon jeu, il est désormais, tout simplement, "giga".

🎮 "XENOBLADE CHRONICLES: DEFINITIVE EDITION" - Disponible sur Switch

Merci à Xavier Demagny pour le doublage des voix

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

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