Qu’est-ce qui fait un bon jeu vidéo ? Pour certains, c’est d’abord le plaisir qu’on prend en y jouant, le défi qu’il propose. Pour d’autres, c’est sa capacité à nous immerger dans un monde et une histoire. "Ori & the Blind Forest" est l’un de ces rares jeux qui parviennent à concilier les deux.

Un conte mélancolique doublé d’un jeu de plateformes exigeant et parfaitement construit
Un conte mélancolique doublé d’un jeu de plateformes exigeant et parfaitement construit © Moon Studios / Microsoft Studios

Comme sa suite, "Ori & the Will of the Wisps", sort ce 11 mars, j’ai décidé de me replonger dans un de mes jeux de plateformes préférés de ces dernières années : "Ori & the Blind Forest". Son histoire commence dans la forêt de Nibel, où trône l’Arbre aux Esprits, qui va malencontreusement perdre Ori, une des ses feuilles de lumière, autrement dit l’un de ses enfants, lors d’un violent orage.

Recueillie par Naru, une créature de la forêt rondelette et sympathique, la petite feuille prend la forme d’un petit bonhomme à l’allure enfantine, aussi agile qu’attachante. Cette créature, c’est vous. Et un nouveau drame va déclencher votre aventure : l’Arbre aux Esprits va s’éteindre, provoquant la mort à petit feu de la forêt... Petit à petit, la famine va frapper les êtres qui y vivent. Y compris Naru. Sa mort va pousser Ori à reprendre sa route. Désespéré, affamé, épuisé, il finit par s’effondrer sur le sol quelques minutes après avoir quitté son foyer d’adoption.

Sauvé de justesse par les dernières bribes de magie émises par l’Arbre aux Esprits, Ori va partir en quête pour retrouver ses origines et raviver son monde, poursuivi par une adversaire redoutable : Kuro, une chouette gigantesque déterminée à éliminer toutes les feuilles qui ont survécu au mystérieux mal qui a frappé l’Arbre. Une quête dans une ambiance bien particulière et onirique.

Une forêt débordant de mouvement

Créer un bon jeu vidéo, c’est un art délicat. Souvent, tout se résume à un choix fondamental : on peut soit privilégier la narration, l’histoire que l’on essaie de raconter ; soit tout miser sur le plaisir de jeu. Et si "Ori & the Blind Forest" a tant marqué ceux qui y ont joué, c’est parce qu’il est une de ces perles rares qui parviennent à concilier les deux.

C’est d’abord un conte merveilleusement raconté et mis en scène. En plus de sa bande-son jouée par un orchestre, le jeu est visuellement magnifique, avec ses personnages joliment animés et ses décors dessinés à la main, truffés de détails, qui vous immergent dans une forêt certes meurtrie mais sans cesse en mouvement, où l’on devine des sursauts de vie : des branches abîmées qui dansent avec le vent, des ennemis tapis dans les feuillages, un allié qui vous observe depuis les ombres. Quant à l’histoire d’Ori, articulée autour de sa quête pour surmonter les drames qui ont marqué son exil, elle vous serre le cœur dès les premières minutes.

Un jeu parfaitement exécuté

Mais comme on le disait, ce n’est pas juste une belle histoire, c’est aussi un jeu profondément agréable à parcourir. Une variation réussie autour des mécaniques du metroidvania, ces jeux d’action labyrinthiques dont j’avais fait l’éloge dans une chronique précédente. "Ori & the Blind Forest" en reprend les codes, en particulier le concept classique du personnage capable d’explorer de plus en plus loin au fur et à mesure qu’il gagne de nouvelles aptitudes... Des codes que le jeu parvient à mêler brillamment à son univers comme le lierre parvient à s’enrouler autour des pierres.

Contrôler Ori, petit être bondissant et bien moins frêle qu’il en a l’air, est un vrai bonheur, et l’architecture des niveaux entremêlés à parcourir est un modèle de minutie et d’intelligence, qui ne vous donne jamais l’impression de tourner en rond ou de sans cesse affronter les mêmes épreuves. Une aventure à la fois exaltante, dynamique et émouvante, pas toujours facile mais formidablement gratifiante, bref un petit bijou à découvrir d’urgence si vous étiez passé à côté.

🎮 "ORI & THE BLIND FOREST" - Disponible sur PC, Xbox One et Switch

Merci à Franck Ballanger pour le doublage des voix

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

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