Avis aux âmes sensibles, ce matin au menu nous avons : des zombies, des monstres et des couloirs bien trop exigus pour tout le monde... Direction la ville toujours aussi poisseuse et pluvieuse de Raccoon City.

Leon et Claire, deux héros qui avaient marqué les esprits des joueurs en 1998 dans "Resident Evil 2"
Leon et Claire, deux héros qui avaient marqué les esprits des joueurs en 1998 dans "Resident Evil 2" © Capcom

Claire Redfield et Leon S Kennedy : ces deux personnages, les fans de la série de jeux d'horreur "Resident Evil" les connaissent bien, puisqu'ils étaient les héros du deuxième épisode, sorti en 1998, souvent considéré comme l'un des meilleurs, et qui 20 ans après vient d'être entièrement remis au goût du jour. Vous y incarnez Leon ou Claire, tous deux coincés dans une petite ville d'Amérique en pleine invasion de zombies... Et le fait que l'un des géants de l'industrie pharmaceutique locale ait connu quelques ennuis avec une arme bactériologique n'y est sans doute pas étranger.

Passons sur le scénario assez cliché (mais peut-on reprocher à une série qui a inventé ces clichés de les revendiquer ?) : l'une des meilleures idées de "Resident Evil 2", c'est de nous faire arriver après la bataille, quand celle-ci est déjà perdue. La ville grouille de créatures hostiles, en territoire conquis, et il va falloir non seulement se frayer un chemin parmi elles, mais surtout essayer de comprendre ce qui s'est passé... Comment le commissariat, dernier havre de paix, est-il devenu un piège mortel pour ses occupants ? Comment une intrigante petite fille a-t-elle réussi à survivre à ce cauchemar ? Et d'où vient ce monstre bien plus imposant que les autres qui semble la traquer ?

Nouveaux venus, l'enfer vous est ouvert

Les nostalgiques connaissent déjà les réponses à ces questions, mais le jeu est ouvert plus largement à tous les amateurs de frisson (il n'est même pas nécessaire d'avoir déjà joué à un autre épisode de la série). Il faut bien l'avouer, l'original avait un peu mal vieilli... Ce remake fait plus que le dépoussiérer, il lui apporte des hectolitres de sang neuf : plus facile à jouer, avec une progression plus naturelle, souvent de manière très cinématographique et spectaculaire.

On le rappelle, certains passages sont vraiment réservés aux estomacs bien accrochés, puisque le jeu sait être grandiloquent (voire grand-guignolesque) quand il le faut.

Mais il sait aussi retenir ses coups, et c'est sans doute là qu'il est le plus efficace. Au-delà des séquences choc, il sait en effet comment distiller une ambiance visuelle et sonore inquiétante : avec des bruitages parfaitement maîtrisés (du bruit lancinant de la pluie dehors aux grognements terrifiants des ennemis), ou les décors bourrés de détails, d'objets poussiéreux ou cassés, comme autant de traces laissées par les victimes de l'épidémie.

Ce qui nous effraie dans le zombie, c'est nous-mêmes

Il y aurait une dizaine de podcasts à consacrer au genre du "jeu de zombies", un type d'adversaire surreprésenté dans le jeu vidéo, souvent comme une horde informe de créatures à éliminer à la chaîne. Sauf que "Resident Evil 2" parvient à rendre chacun d'eux unique, surtout visuellement, et donc paradoxalement plus humain. On se retrouve presque à imaginer la petite histoire de chaque pauvre hère croisé dans la ville avant son cruel destin.

C'est un jeu qui a bien retenu les leçons des films de George Romero, le papa du genre : ce qui nous effraie dans le zombie, ce n'est pas son aspect monstrueux, c'est qu'il nous ressemble, qu'il soit un miroir déformant de nous-mêmes, une représentation difforme de nos pires travers. "Resident Evil 2" fout la trouille, et pas qu'un peu... Mais il prend une dimension supplémentaire quand on sait pourquoi.

RESIDENT EVIL 2 - Disponible sur PC, PlayStation 4 et Xbox One

► ALLER PLUS LOIN - L'émission Blockbusters sur la série Resident Evil

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