Une aventure courte mais attachante dans un monde onirique entre ombre et lumière : voilà ce que propose "Shady Part of Me", premier jeu du studio français "Douze Dixièmes". Et pour un coup d'essai, c'est une très jolie réussite !

Une fable vidéoludique tout en contrastes, où vous contrôlez une petite fille et son ombre
Une fable vidéoludique tout en contrastes, où vous contrôlez une petite fille et son ombre © Douze Dixièmes

"Shady Part of Me" raconte l'histoire d'une petite fille aux cheveux ébouriffés, qui se réveille d'un mauvais rêve dans un dortoir vétuste. Pieds nus et vêtue d'une simple robe de chambre, elle part à l'aventure dans des pièces désespérément vides, tout en respectant une règle simple : impossible de passer dans des zones éclairées, car pour une raison inconnue, la lumière est dangereuse, au point de vous obliger à éviter soigneusement toute lampe, toute bougie, tout rayon de soleil se faufilant entre les volets...

La petite fille avance tant bien que mal, jusqu'à rencontrer son alter ego : son ombre elle-même, douée de sa volonté propre, et qui la suit à la trace. L'ombre a le problème exactement inverse de celui de la petite fille : elle, c'est l'absence de lumière qui lui est fatale. Les deux héroïnes vont donc rapidement devenir dépendantes l'une de l'autre : l'une en pleine lumière, l'autre dans la pénombre, elles devront s'entraider pour surmonter les nombreux obstacles qui se dressent entre elles et la sortie de ce lieu étrange et changeant, qui pourtant leur semble, à toutes les deux, bien trop familier.

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Y compris la véritable histoire que le jeu raconte. Une histoire sur laquelle on obtient des indices, au fil des échanges, volontairement décousus, entre les deux personnages. L'univers de "Shady Part of Me" ressemble à celui des rêves par bien des aspects : les lois de la physique s'y appliquent de manière très étrange, les objets bougent tout seul, les jouets et les statues s'animent... Pourtant, plus on avance, plus on comprend que c'est un artifice, une manière pour la petite fille d'échapper à la réalité, et à une menace qu'elle perçoit au loin, derrière les lumières aveuglantes qu'elle tente à tout prix d'éviter.

On ne les voit pas, mais parfois, au milieu d'une discussion, une troisième voix s'invite, en total décalage avec le reste. Une voix masculine, savante, qui demande à la petite fille d'expliquer ses problèmes. Comme son nom l'indique, "Shady Part of Me", "ma part sombre", cache lui aussi bien son jeu. 

Un design particulièrement inventif et malin

Intimement liée à son histoire, le contraste entre ombre et lumière est à l'origine d'énigmes bien pensées, et rarement frustrantes. On se prend donc très vite au jeu, porté par l'envie de comprendre ce qui se passe réellement, mais aussi par sa douce musique et son univers graphique superbe, tout en nuances de gris et de sépia, qui donne l'impression de regarder une aventure griffonnée sur du papier au fur et à mesure de notre avancée. Une très jolie surprise qui a clos en beauté l'année 2020.

🎮 "SHADY PART OF ME" - Disponible sur PC, Switch, PlayStation 4 et Xbox One

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

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