À l’occasion de sa réédition récente sur PC, retour sur un jeu vidéo qui, en 1998, a mis une énorme claque à son média, et dont l’influence a largement dépassé les limites du genre. On essaie cette semaine de comprendre pourquoi les aventures de Solid Snake sont encore fascinantes vingt ans après...

Dans "Metal Gear Solid", vous incarnez Solid Snake, soldat émérite mais humain avant tout
Dans "Metal Gear Solid", vous incarnez Solid Snake, soldat émérite mais humain avant tout © Konami

"Metal Gear Solid" est sorti en 1998, sur la première PlayStation, et il a profondément marqué tous ceux qui y ont déjà joué. Et puisqu’il vient de ressortir sur PC, c’était l’occasion rêvée pour essayer de vous expliquer pourquoi il a été une œuvre maîtresse qui a bouleversé le monde du jeu vidéo, et dont l’influence est même allée bien au-delà.

Vous êtes Solid Snake, un héros de guerre spécialiste de l’infiltration en territoire ennemi, tiré de sa retraite pour une mission de la plus haute importance : quelque part en Alaska, sur l’île de Shadow Moses, un groupe terroriste a pris d’assaut un site de recyclage d’ogives nucléaires et menace de tirer sur les États-Unis.

Les terroristes sont des membres de l’ancienne unité de Snake, Fox Hound. Ils n’ont qu’une revendication, plutôt intrigante : qu’on leur livre la dépouille de leur leader. Face à eux, Snake est seul, désarmé, et va progressivement se rendre compte que dans cette histoire, rien n’est conforme aux apparences.

Un jeu pensé comme un film, à tous les niveaux

Le synopsis semble tout droit sorti d’un blockbuster hollywoodien… Et ce n’est pas un hasard. Le créateur du jeu, Hideo Kojima, est avant tout un énorme cinéphile. À la fin des années 90, il voit dans le développement des jeux en 3D l’occasion, pas seulement de développer des jeux, mais de les réaliser, la nuance est importante. "Metal Gear Solid" est un jeu pensé comme un film : il y a des plans, des mouvements de caméra, des scènes. Visuellement, la 3D de l’époque accuse son âge, mais en mouvement, la mise en scène est encore incroyable de dynamisme.

L’autre atout du jeu, c’est son casting. Il a compris avant beaucoup que les personnages étaient un élément vital d’un récit, même en jeu vidéo : il ne faut donc pas négliger leur écriture. Et "Metal Gear Solid" était l’un des premiers à proposer des alliés et des adversaires définis à la fois par leur rôle dans l’histoire et ce qu’il doivent faire ressentir au joueur. Les boss du jeu, notamment, sont encore aujourd’hui des cas d’école d’antagonistes parfaits. Comme Psycho Mantis, un medium misanthrope qui affronte autant Snake que le joueur lui-même, se permettant même d’éteindre l’écran de la télé ou de lire le contenu de la carte mémoire de la console.

Le dernier coup de génie de Kojima, c’est d’avoir compris que, comme le cinéma, le jeu vidéo pouvait divertir ET porter une réflexion. "Metal Gear Solid" est un jeu (et même une série de jeux) qui parle comme rarement auparavant de guerre, d’humanité perdue ou retrouvée. C’est une des premières grosses productions vidéoludique à avoir assumé de vouloir nous faire penser, et en y rejouant plus de 20 ans après, je me suis rendu compte que je le comprenais différemment. C’est le propre des grandes œuvres.

🎮 "METAL GEAR SOLID" - Disponible sur PC, PlayStation Classic et PlayStation 3

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

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