Une fois n'est pas coutume, cette semaine on va parler non pas d'un, mais de deux jeux vidéo : "Half-Life", énorme succès sorti en 1998 ; et son remake "Black Mesa", qui vient tout juste d'arriver. Un remake réalisé par des fans de l'original, qui le dépoussièrent brillamment.

"Black Mesa", un hommage réussi à l'un des jeux vidéo les plus marquants des années 90, "Half-Life"
"Black Mesa", un hommage réussi à l'un des jeux vidéo les plus marquants des années 90, "Half-Life" © Crowbar Collective

Les deux jeux vous mettent dans les bottes de Gordon Freeman, un jeune diplômé en physique théorique, sérieux et taciturne. Au commencement de la saga "Half-Life", il vient d'être recruté à Black Mesa, un centre de recherche scientifique perdu dans un désert du Nouveau-Mexique. Gordon Freeman participe notamment à diverses expériences sur des matériaux non-identifiés, qu'il soumet à différents tests pour étudier leurs propriétés.

Mais un de ces tests va mal tourner. Bien malgré lui, le docteur Freeman ouvre une brèche dimensionnelle vers un monde peuplé de créatures hostiles, provoquant le chaos dans le centre. Lui-même ne survit que de justesse à l'accident. Il va alors tenter de quitter Black Mesa, en évitant les extraterrestres, mais aussi les militaires envoyés pour étouffer l'affaire. Car tout ceci est sans doute loin d'être un simple accident.

Et 22 ans plus tard...

Le jeu de 1998 est immédiatement devenu culte, et ce culte est encore bien vivant aujourd'hui. En 2004, il aura une suite, "Half-Life 2" et deux extensions développant le scénario principal. Depuis, on attend toujours un hypothétique troisième épisode, devenu l'un des plus grands serpents de mer du jeu vidéo, ce qui a encore un peu ajouté à l'aura de la série.

C'est là qu'on arrive à la deuxième partie de mon histoire : celle de "Black Mesa", le jeu. En 2005, une équipe de fans se lance dans un projet ambitieux : recréer entièrement le premier épisode sur un moteur graphique plus récent, autrement dit l'adapter pour les joueurs du XXIe siècle. Un projet titanesque, qui impliquait de tout reconstruire de A à Z. En 2012, ils obtiennent la bénédiction de la société à l'origine du premier jeu, et peuvent donc le peaufiner pendant encore quelques années. Jusqu'à aboutir à une version finale, fruit de 16 ans de travail, ce fameux "Black Mesa" sorti début mars.

Un retour qui vaut le détour

C'est bien simple : si vous aimez les jeux vidéo, vous devez jouer au moins une fois à "Half-Life", et "Black Mesa" est aujourd'hui la meilleure manière de le faire. Le remake est plus agréable à l’œil, bien sûr, mais on y ressent surtout tout l'amour de ses développeurs pour l'original, avec un équilibre parfait entre nouveautés bienvenues et respect de tout ce qui faisait l'essence du premier jeu.

Car "Half-Life" n'est pas qu'un excellent jeu : c'est un morceau d'histoire vidéoludique. À une époque où les FPS, les jeux de tir à la première personne, se contentaient d'être d'efficaces défouloirs, il a osé introduire de nouveaux ingrédients qu'on retrouve plus ou moins dans toutes les productions du genre depuis. C'est un modèle de narration interactive, largement copié depuis, mais qui reste redoutablement efficace et bourré de bonnes idées : un contexte dévoilé par touches discrètes dans les décors ou les conversations entendues, une immersion dans la normalité pour mieux faire ressentir le basculement, ou encore un héros défini par la manière dont les autres personnages le perçoivent.

Gordon Freeman ne parle jamais, on ne le voit jamais, et pourtant il a réussi à devenir l'un des personnages vidéoludiques les plus charismatiques jamais créés, "l'homme qu'il faut là où il ne faut pas". Autrement dit, le visage parfait pour l'un de ces rares jeux vidéo dont on peut dire qu'après eux, rien n'a plus jamais été comme avant.

🎮 "BLACK MESA" - Disponible sur PC

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.