Ce matin, on va frissonner un peu avec une aventure médiévale aussi touchante qu'inquiétante, dans les pas de deux jeunes orphelins traqués par une société hostile, entre des humains qui se comportent comme des monstres et les hordes de rats qui gangrènent la France du XIVe siècle.

Une histoire médiévale qui vous agrippe dès les premières minutes et ne vous lâche plus ensuite
Une histoire médiévale qui vous agrippe dès les premières minutes et ne vous lâche plus ensuite © Focus Home Interactive

Nous sommes en Aquitaine, en l'an de grâce 1348. Une période pas franchement accueillante, entre la Guerre de Cent Ans et le début d'une épidémie de peste, mais sur les terres d'Amicia de Rune, la jeune fille de 14 ans que vous incarnez, c'est encore le calme avant la tempête.

Amicia vit heureuse avec son père, qui l'élève comme un garçon et lui apprend les rudiments de la chasse. Sa mère, elle, passe la majeure partie de son temps à s'occuper de son petit frère malade, qui ne sort presque jamais de sa chambre. Ce havre de paix va être bouleversé par l'arrivée de l'Inquisition dans le paisible domaine des De Rune : ses parents sont brutalement exécutés, et Amicia va subitement devenir une proie, chargée de protéger son petit frère Hugo des mystérieux chevaliers qui le pourchassent.

Une horde grouillante et terrifiante

Seuls, traqués, terrifiés, les deux enfants vont devoir tout faire pour survivre dans un monde hostile, un Moyen-âge où les monstres se trouvent aussi bien parmi les humains que parmi des forces bien plus obscures. Car dans le jeu, il y a bien plus effrayant que les inquisiteurs ou les villageois persuadés que le petit Hugo est à l'origine de tous leurs malheurs : vous allez aussi avoir à vos trousses des hordes de rats, rendus fous et meurtriers par la Peste.

Ils pullulent à chaque croisement, jaillissent des couloirs étroits, grouillent dans les grottes où vous souhaitez vous abriter, comme une menace sourde et permanente, comme un symbole de l'épidémie qui envahit le monde. C'est l'une des prouesses techniques du jeu : ces groupes de créatures bien au comportement bien trop réaliste, qui ne craignent que le feu. Et il faut bien reconnaître que c'est réussi, puisque ces rats virtuels sont immédiatement terrifiants, dès leur première apparition mémorables dans les sous-sols d'un monastère.

Des héros fragiles qui font la force du jeu

Il va donc falloir des nerfs d'acier pour traverser cette histoire. La longue fuite d'Amicia et Hugo vous agrippe dès les premières minutes de jeu et ne vous lâche plus ensuite. Grâce à la réalisation du jeu (reconstitution minutieuse et pleine de détails d'un Moyen-Âge teinté de fantastique), à la formidable bande-son composée par Olivier Derivière, mais aussi à la manière dont il déroule implacablement son histoire. Dans la peau d'une enfant, qui doit elle-même prendre soin d'un enfant encore plus fragile, le joueur est sans cesse en position de faiblesse par rapport aux défis qui l'attendent.

Amicia n'a que sa ruse et sa fronde, et Hugo a beau être courageux, il n'a que 5 ans, avec ce que ça implique d'innocence, de peurs et de caprices. Cette faiblesse de vos personnages est la plus grande force du jeu : au fil des heures, comme Amicia, on va s'attacher à ce petit bonhomme pris dans une histoire qui les dépasse tous les deux. C'est la première fois que le développeur bordelais Asobo Studios s'attaquait à un jeu aussi ambitieux : c'est un coup de maître.

🎮 "A PLAGUE TALE: INNOCENCE" - Disponible sur PC, PlayStation 4 et Xbox One

Bonus : le "Let's Play" en vidéo

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