Très attendu mais aussi très critiqué dès sa sortie, notamment par la presse spécialisée, le projet pharaonique des créateurs de "The Witcher 3: Wild Hunt" divise. Les blockbusters peuvent-ils toujours être à la hauteur des espoirs qu'ils suscitent ?

Dans "Cyberpunk 2077", le véritable héros, c'est la ville foisonnante de Night City
Dans "Cyberpunk 2077", le véritable héros, c'est la ville foisonnante de Night City © CD Projekt RED

C'est l'une des plus grosses sorties jeu vidéo de l'année : "Cyberpunk 2077". Un jeu qui, comme son nom l'indique, nous projette 57 ans dans le futur, dans la ville imaginaire de Night City.

Une époque et un lieu tout sauf tranquilles. Mais pour le personnage que vous incarnez, V, Night City, c'est la maison. Il (ou elle, puisque V est personnalisable jusqu'aux détails les plus intimes) vit de petits boulots de mercenaire, plus ou moins légaux, plus ou moins moraux, ce qui lui permet de survivre et régulièrement s'améliorer. Car en 2077, les membres et organes cybernétiques sont monnaie courante : les yeux à scanner intégré, les bras métalliques, la connexion internet directement dans la nuque, c'est la routine pour V et ses concitoyens. Mais la routine, dans leur monde, ça n'annonce généralement rien de bon...

Des ambitions et des attentes démesurées...

L'histoire du jeu est presque moins intéressante que l'histoire de sa conception. À l'origine, il y a le studio CD Projekt RED, mondialement célébré pour la trilogie "The Witcher", dont le troisième épisode est unanimement reconnu comme un chef-d'œuvre du jeu vidéo. En 2012, il se lance dans un projet ambitieux : adapter "Cyberpunk 2020", une référence du jeu de rôles papier. Le développement dure huit ans, émaillés de reports, de bandes-annonces alléchantes, d'ambitions sans cesse revues à la hausse, comme l'annonce l'an dernier de la présence dans le jeu de la star Keanu Reeves. Bref, comme ses personnages, "Cyberpunk 2077" fanfaronnait gentiment.

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Sauf que rien ne s'est passé comme prévu. Quelques jours avant la sortie, plusieurs journalistes spécialisés tirent la sonnette d'alarme : le jeu serait truffé de bugs, en particulier sur les consoles moins puissantes (comme les PlayStation 4 ou XBox One d'origine), malgré un ultime report d'un mois pour le peaufiner, quitte à surmener les équipes. "Cyberpunk 2077" a sans doute visé trop haut, trop vite, quitte à se brûler les ailes.

...et un résultat mitigé, sauvé par son univers

Pour autant, il y a un élément crucial qui sauve le jeu et le rend même assez fascinant : Night City elle-même. Si imparfait que soit "Cyberpunk 2077", la ville imaginaire qu'il nous propose est sans équivalent. Ces huit ans de travail acharné, on les ressent presque physiquement au milieu des immeubles démesurés, jusqu'à masquer le soleil au niveau du sol, des ruelles bardées d'écrans et de néons, des murs garnis de tags, des personnages au design incroyable... S'immerger dans cette cité foisonnante est une expérience inédite, et sans doute le monde cyberpunk le plus cohérent jamais créé.

"Cyberpunk 2077" a de quoi devenir, dans les mois à venir, un grand jeu vidéo, tout sera maintenant question de patience. Son développeur a jusqu'ici toujours eu à cœur d'améliorer ses jeux, même bien après leur sortie. À l'image de ses personnages bourrés d'implants cybernétiques, il lui faudra donc encore quelques prothèses virtuelles...Mais son âme, elle, semble déjà être là.

🎮 "CYBERPUNK 2077" - Disponible sur PC, PlayStation 4 et 5, XBox One et Series

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

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