Sorte de "Silent Hill en forêt", ce jeu indépendant développé par un petit studio tchèque n'est pas parfait, mais réussit globalement son objectif : intriguer le joueur et le faire régulièrement bondir de peur sur son siège. Grâce, notamment, à une ambiance particulièrement réussie.

"Promenons-nouis dans les bois" (qui abritent bien pire que des loups dans "Someday you'll return")
"Promenons-nouis dans les bois" (qui abritent bien pire que des loups dans "Someday you'll return") © CBE software

Cette semaine, je vous propose une balade horrifique en République tchèque : c'est là qu'a été développé le jeu "Someday You'll Return" ("Un jour, tu reviendras") et c'est dans les forêts du pays qu'il vous propose de passer de longues heures. Sauf que Daniel, le père divorcé que vous incarnez, n'est pas venu admirer le paysage : sa fille, Stela, a disparu.

Prudent (ou paranoïaque), Daniel avait installé sur son téléphone un système GPS lui permettant de savoir où se trouve sa fille. C'est ce qui lui a permis de retrouver sa trace, au cœur d'une forêt de Moravie, une région à l'est du pays. D'abord confiant, le père de Stela va aller de déconvenue en déconvenue : une branche chute sur sa voiture, son téléphone fonctionne de moins en moins bien, lui-même est victime d'hallucinations récurrentes, et surtout la piste de sa fille passe par des lieux de plus en plus effrayants, dont un vieux bunker à l'abandon d'où proviennent d'étranges bruits.

Que le cadre bucolique de l'histoire ne vous trompe pas : "Someday You'll Return" a pour principal objectif de vous faire trembler de peur devant votre écran.

Des influences assumées et adaptées

En jouant à "Someday You'll Return", on sent immédiatement l'influence des références du jeu d'horreur : de "Resident Evil" à "Silent Hill", en passant par "Outlast". Des chefs-d’œuvre auxquels il emprunte un paquet de petites astuces pour clouer le joueur à son siège, comme un cahier des charges macabre : créatures difformes qui vous surprennent quand vous ne vous y attendez pas, check ; indices inquiétants laissant penser que quelque chose d'horrible vient de se passer dans le lieu que vous explorez, check ; symbolique religieuse et folklorique omniprésente, check ; outils technologiques rassurants qui défaillent juste quand vous en avez besoin, check...

Le jeu ne révolutionne pas le genre, d'autres ont sans doute fait mieux avant, mais toutes ces recettes, suivies à la lettre, fonctionnent parfaitement, à défaut de vraiment surprendre. L'originalité, c'est qu'il les mêle à de petits éléments d'autres genres, notamment du jeu d'aventure, comme la possibilité de bricoler des outils de fortune. Enfin, son scénario, certes convenu si l'on est un amateur de ce genre d'histoire, reste efficace et accrocheur, avec une bonne part laissée à l'interprétation du joueur.

Un cadre trop familier pour ne pas être inquiétant

Il y a un élément qui rend le jeu efficace particulièrement pour nous, joueurs européens et français : c'est son décor. Bien souvent, les jeux vidéo horrifiques se déroulent aux États-Unis : la plupart, même ceux développés au Japon, installent leur décor dans des villes ou des paysages typiquement américains.

Or "Someday You'll Return" est profondément ancré dans une réalité voisine de la nôtre : le balisage des chemins de randonnée empruntés par Daniel est le même qu'en France, avec ses rectangles de couleur peints sur des arbres ou des rochers, la topographie des lieux, les essences d'arbres, les bruits qu'on y entend, sont typiques des forêts européennes... Ça n'a l'air de rien comme ça, mais inconsciemment, ça fait toute la différence sur la manière dont on parcourt cet univers. Il nous est bien trop familier, et il devient donc terrifiant lorsqu'il se déforme, se tord, se remplit d'ombres, de béton, de rouille, pour devenir hostile.

"Someday You'll Return" n'est pas parfait (il faut dire qu'il a été réalisé par une toute petite équipe), mais son ambiance est brillamment construite. Quelques heures durant, il joue avec talent sur une double peur : celle des créatures cauchemardesques qui hantent votre parcours, bien sûr, mais aussi celle, plus simple, quasi enfantine, de tout simplement se perdre dans les bois...

Merci à Lorélie Carrive et Thibault Lefèvre pour le doublage des voix

🎮 "SOMEDAY YOU'LL RETURN" - Disponible sur PC, prochainement sur PlayStation 4 et Xbox One

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

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