Cette semaine, on va tester nos nerfs en plongeant dans un jeu d'enquête horrifique à travers un monde dystopique et cyberpunk, au son de la voix rauque et abîmée du comédien Rutger Hauer, dont c'était l'un des derniers rôles... Et quel rôle.

Dans "Observer", la ville toute entière est recouverte d'écrans virtuels, phagocytant l'humanité
Dans "Observer", la ville toute entière est recouverte d'écrans virtuels, phagocytant l'humanité © Aspyr

Cette chronique est l'occasion de rendre hommage à une voix : celle d'un immense acteur, décédé l'an dernier : Rutger Hauer. Les fans de science-fiction le connaissent surtout grâce au film "Blade Runner", où il incarnait Roy Batty, charismatique meneur des replicants traqués par Harrison Ford. Pourquoi je vous parle de cinéma dans une chronique sur les jeux vidéo ? Tout simplement parce que l'un des derniers rôles de Rutger Hauer, deux ans avant sa mort, était le personnage principal du jeu "Observer"..

La face sombre du cyberpunk

Un jeu qui, comme "Blade Runner", n'est pas franchement optimiste sur notre futur.   Nous sommes en 2084, et à côté, notre année 2020 ressemble à un club de vacances. Les humains y maîtrisent des technologies leur permettant de s'augmenter, de remplacer des membres défectueux, d'augmenter leur mémoire, leur perception. Ces changements ont un prix : d'abord, le nanophage, une épidémie numérique touchant uniquement les augmentés ; puis une vaste guerre mondiale, qui a abouti à la fin des nations telles qu'on les connait.

À la place, une gigantesque corporation, Chiron, assure l'ordre et la sécurité, avec des méthodes parfois brutales. Parmi elles, il y a les Observateurs : leur travail consiste, à l'aide du "Mange-Rêve", un instrument dont la simple vision est douloureuse, à pénétrer dans l'esprit largement numérisé des citoyens suspectés d'être des criminels ou, pire, des dissidents. Et vous êtes Daniel Lazarski, l'un des meilleurs de ces détectives mentaux.

Lazarski vient tout juste de retrouver la trace de son fils, dans un immeuble miteux de Cracovie. Sur place, il ne retrouve pas sa progéniture mais des habitants cloîtrés chez eux, et une série de cadavres. Le détective va tenter de comprendre ce qui est s'est passé... Et en quoi son fils est lié à ces meurtres sordides.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Vous l'aurez compris, "Observer" n'est pas un jeu à mettre entre toutes les mains. Il développe une ambiance poisseuse, aussi oppressante que réussie, une vision d'un futur où les écrans sont partout, envahissant chaque mur, chaque porte, gangrenant les esprits. Et ça ne s'arrange pas lors des séquences d'enquête dans la tête des victimes, qui proposent une expérience sensorielle aussi fascinante qu'éprouvante.

Un cauchemar magistralement mis en scène

"Observer" ne plaira pas à tout le monde, mais il relève presque de l'art contemporain par la manière dont il bouscule le joueur, tout en mêlant les corps et la technologie : on pense au Ridley Scott de Blade Runner autant qu'à celui d'Alien, mais aussi à David Cronenberg. Bref, si vous avez le cœur bien accroché, c'est l'un des cauchemars futuristes les plus réussis du jeu vidéo.

Et puis il y a, donc, la voix de Rutger Hauer. Profonde, fatiguée, habitée par cette histoire étrange et tout ce sur quoi elle nous fait réfléchir. À la question "quelle est votre réplique préférée dans le jeu", l'acteur répondait sans hésiter : "Tout ce qui est observé est affecté par celui qui observe", une phrase qu'il trouvait particulièrement lourde de sens.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

"Observer" vient de ressortir en version améliorée (renommée "Observer: System Redux"), assortie d'un hommage des développeurs au talent et à l'humanité de Rutger Hauer. Comme ils l'écrivent eux-mêmes : "Nous avions embauché une icône, nous avons travaillé avec un ami."

🎮 "OBSERVER" - Disponible sur PC, PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One, Xbox Series et Switch

Merci à Delphine Evenou et Matteu Maestracci pour le doublage des voix

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

L'équipe