Ce matin dans "La Faute aux Jeux Vidéo", on s'attaque à un jeu devenu rapidement mythique malgré son jeune âge : une œuvre foisonnante, formidablement écrite, et où l'histoire compte presque moins que la manière magistrale dont elle est contée.

"The Witcher 3", où l'alchimie parfaite entre jeu vidéo et écriture
"The Witcher 3", où l'alchimie parfaite entre jeu vidéo et écriture © CDProjektRED

"The Witcher", c'est l'une des rares séries de jeux vidéo à bientôt avoir les honneurs d'une série dérivée sur Netflix, à être réédité en grande pompe sur Switch quatre ans après sa sortie, et à avoir remporté un nombre record de prix le sacrant "jeu de l'année" : pas mal, pour un studio polonais qui s'est exclusivement consacré à cette seule série de jeux pour l'instant (en attendant leur très ambitieux "Cyberpunk 2077"). Mais autant vous prévenir tout de suite : tenter de faire découvrir son univers foisonnant en quatre minutes de chronique radio, c'est un peu comme vouloir résumer "Guerre et Paix" en 280 caractères, ou essayer de gravir l'Everest en maillot de bain avec une petite cuillère.

Dans les grandes lignes, donc : "The Witcher 3" (il n'est évidemment pas essentiel d'avoir joué aux épisodes précédents) nous plonge dans un univers médiéval ravagé par les guerres incessantes et peuplé de créatures fantastiques. Vous y incarnez Geralt de Riv, taciturne gaillard aux longs cheveux blancs et aux yeux brillant d'un éclat peu naturel. Et pour cause : il fait partie des derniers représentants d'un peuple de chasseurs de monstres, à la fois respectés et craints du reste de l'humanité, les Sorceleurs.

Un héros que tout le monde adore détester

Dans ce monde, Geralt est donc un héros largement ostracisé, méprisé, source de toutes les peurs, un paradoxe dans cette époque troublée où les habitants qu'il croise ont tous désespérément besoin de ses services. Son statut de mercenaire ne lui apportera aucune gloire, mais l'affection de ses pairs lui importe peu. Geralt est en quête d'une personne bien particulière, portée disparue depuis des années et dont des rumeurs évoquent le retour : Ciri, fille biologique de l'empereur local, mais surtout ancienne élève du Sorceleur et de son frère d'armes Vesemir. À l'époque, une gamine impétueuse qui n'en faisait qu'à sa tête.

Un problème n'arrivant jamais seul, Ciri est aussi pourchassée par la Chasse Sauvage, de terribles spectres dont le retour pourraient annoncer un terrible cataclysme. Tout ça n'est qu'un petit aperçu de la trame principale du jeu, presque noyée dans un enchevêtrement de sous-intrigues, d'histoires petites et grandes qui font que "The Witcher 3" est très vite devenu un classique, unanimement salué par les joueurs et la critique.

De la broderie narrative

Sa plus grande force, c'est moins son histoire que la manière incroyablement minutieuse avec laquelle il la raconte. Le cadre où se déroulent les aventures du Sorceleur fourmille de détails, c'est un monde vivant, en activité permanente, où l'on peut aussi bien suivre sagement les chemins tracés que s'en éloigner pour explorer forêts, grottes, villages plein de vie ou masures abandonnées. Ici, rien n'est secondaire, chaque lieu, chaque personnage, est un récit en soi qui attend patiemment d'être raconté.

Ce qui fait la grandeur de "The Witcher 3", c'est que ses scénaristes n'ont pas seulement écrit une trame principale, mais des dizaines, des centaines d'intrigues, chacune contée avec autant de soin que si elle était vitale au développement de l'intrigue. Ou quand le jeu vidéo offre à la plume la possibilité non seulement de plonger le lecteur/joueur dans une histoire ambitieuse, mais aussi de l'assaisonner du récit presque exhaustif de l'univers qui la contient, en le happant sans jamais l'ennuyer. Tolkien, Hugo ou Zola en ont peut-être rêvé : Geralt de Riv l'a fait.

🎮 "THE WITCHER 3" - Disponible sur PC, PlayStation 4, Switch et Xbox One

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

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