Il y avait le western américain, le western spaghetti... Leur évolution la plus réjouissante, c'est "Borderlands", série de jeux vidéo qui invente un type de western si délirant qu'on se demande comment il a réussi à développer un univers aussi cohérent, qu'on retrouve avec plaisir dans un excellent troisième épisode.

Dans la série "Borderlands", vous êtes un chasseur de primes futuriste sur une planète peuplée de cinglés
Dans la série "Borderlands", vous êtes un chasseur de primes futuriste sur une planète peuplée de cinglés © 2K / Gearbox Software

Pandore n'est pas une planète accueillante. Son slogan pourrait même être "Bienvenue chez les dingues". Sorte d'équivalent futuriste du far-west, c'est une terre désolée, peuplée de créatures féroces, de pillards, de psychopathes et d'aventuriers plus ou moins recommandables. Et parmi ceux qu'on pourrait plus ou moins qualifier de gentils de l'histoire, il y a les chasseurs de l'Arche, des mercenaires chargés de retrouver les vestiges alien du même nom.

Dans le rôle de l'un de ces chasseurs, seul ou accompagné d'autres joueurs, vous allez devoir survivre (ou en tout cas ne pas mourir trop souvent) suffisamment longtemps pour obtenir votre prime (et quelques centaines d'autres au passage), tout en luttant contre une secte menée par des jumeaux qui ont réussi à rallier la plupart des cinglés de la planète à leur cause. Et ça fait un sacré paquet de cinglés.

Astucieusement débile

"Borderlands 3" est avant tout un jeu qui défoule, un jeu de "brutasse", pour reprendre son vocabulaire. L'un des arguments de la série, c'est de proposer des millions d'armes différentes. Ça pourrait ressembler à un clip de la NRA, sauf que l'autre argument en béton armé de "Borderlands", c'est le second (voire le troisième ou le quatrième) degré. Le nombre astronomique d'armes à votre disposition est presque une blague en soi, d'autant que ça inclut des flingues qui explosent quand leur chargeur est vide, des flingues avec des jambes, des flingues qui vous insultent, ou des flingues qui tirent eux-mêmes des flingues.

En fait, toute l'intelligence de Borderlands, c'est que tout y est juste assez débile. Les ennemis sont stupides, leurs chefs totalement ravagés, et les héros de ce western spatial enchaînent les répliques bien senties, tels des Clint Eastwood sous acides. Et surtout, "Borderlands" compte une formidable galerie de seconds rôles. Claptrap, le petit robot carré monté sur roulettes, narcissique et mégalomane ; Markus, profiteur de guerre autoproclamé, qui ne vous remboursera jamais un achat même si votre fusil s'est barré de lui-même ; Vaughn, l'ancien comptable devenu chef de guerre un peu par hasard ; et tant d'autres...

L'évolution la plus enthousiasmante du bon vieux western

"Borderlands" c'est un mélange entre Sergio Leone, Mad Max et Tex Avery, le tout mixé avec une savante science du n'importe quoi. À partir de tout ça, il a réussi à créer un univers bien à lui, avec son humour ravageur (même les bande-annonces des jeux sont à mourir de rire), son aspect visuel proche du dessin animé, et son ambiance musicale parfaitement raccord.

Le plus étonnant en fait, c'est que ce monde dont chaque élément a été conçu pour fournir du plaisir de jeu immédiat ait réussi à devenir si cohérent au fil des épisodes. Au fil des années, le cinéma a régulièrement dépoussiéré le western : avec "Borderlands", le jeu vidéo lui a offert l'un de ses plus beaux coups de jeune.

🎮 "BORDERLANDS 3"  - Disponible sur PC, PlayStation 4 et Xbox One

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

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