Pour bien commencer cette nouvelle saison, commençons par un des plus gros jeux de l’été : "Ghost of Tsushima". Une épopée nippone haletante, classique mais d’une redoutable efficacité, et qui tente même quelques idées originales… voire poétiques.

Dans "Ghost of Tsushima", vous jouez le samouraï en quête de rédemption Jin Sakai
Dans "Ghost of Tsushima", vous jouez le samouraï en quête de rédemption Jin Sakai © Sucker Punch

C’est un jeu dépaysant, en tout cas par son cadre, puisque "Ghost of Tsushima" nous emmène au Japon, à la fin du XIIIe siècle, au tout début de la tentative d’invasion de l’archipel par les Mongols. Vous êtes Jin Sakai, héritier respecté d’un seigneur de la région, et le jeu s’ouvre sur une bataille homérique, impressionnante manette en main : le baroud d’honneur des samouraïs, qui va se terminer en débâcle, dans le sang, le sable et les flammes.

Car les guerriers japonais ne font pas le poids face aux troupes du terrible Khotun Khan, petit-fils de Genghis, un adversaire aussi redoutable au combat que fin stratège. Au cours de cet affrontement funeste, Jin est laissé pour mort sur une plage de l’île de Tsushima. Sauvé in extremis par une voleuse, il va petit à petit préparer sa contre-attaque, parcourant l’île en quête d’alliés. Au fil des combats, des petites et grandes histoires qui vont croiser sa route, Jin va abandonner petit à petit le credo plein d’honneur des samouraïs pour adopter celui d’un assassin : le Fantôme de Tsushima.

Une superproduction, avec de la personnalité

"Ghost of Tsushima" se base sur un canevas très classique de jeu vidéo en monde ouvert dans un contexte historique, peaufiné (voire surexploité) au fil des années par la série "Assassin's Creed", mais il cherche à se détacher de ses illustres modèles. Et il développe pour cela quelques jolies idées, originales voire audacieuses : par exemple, pour savoir où se trouve votre prochaine destination, au lieu d’afficher à l’écran une carte envahissante, il suffit d’observer et de suivre le sens du vent. Les lieux importants du jeu peuvent être trouvés en suivant certains animaux ; et il est même possible de composer des haïkus face à un paysage inspirant. Un parti-pris contemplatif rafraîchissant pour un jeu de ce genre.

Pour autant, le jeu est tout sauf révolutionnaire. Ce n’est pas forcément une critique, d’ailleurs : c’est une œuvre qui doit certes beaucoup à tous les jeux du même genre qui l’ont précédé, mais il exécute la partition avec brio. Graphiquement superbe, rythmé dans sa narration, agréable à jouer.

Mais le plus intéressant dans ce "Ghost of Tsushima", c’est le fait qu’il soit une sorte de mise en abîme de la nostalgie. Il raconte à la fois la fin désabusée d’une période clé de l’Histoire du Japon, la fin de l’âge d’or des films de samouraïs (en particulier ceux de Kurosawa, auxquels le jeu fait constamment référence), et la fin actuelle d’une ère du jeu vidéo, puisque l’arrivée prochaine des nouvelles PlayStation et Xbox s’accompagnera, on l’espère en tout cas, de nouveaux univers, de nouvelles manières de jouer et de raconter des histoires.

En cela, "Ghost of Tsushima" est sans doute le dernier grand jeu des consoles actuelles, une magnifique haïku d’adieu à une génération de jeux vidéo, en attendant avec impatience celle qui lui succèdera.

🎮 "GHOST OF TSUSHIMA" - Disponible uniquement sur PlayStation 4

Bonus : les premières minutes du jeu en vidéo

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.