Parfois, les jeux ne sont pas ce qu'ils semblent être : si "NieR: Automata" ressemble au premier abord à un jeu d'action classique (avec robots géants, arts martiaux et héroïne court-vêtue), il cache une réflexion bien plus profonde, miroir fascinant qui interroge le joueur sur ce que veut dire pour lui "être humain".

Dans "NieR: Automata", deux androïdes vont progressivement s'humaniser dans un monde dévasté
Dans "NieR: Automata", deux androïdes vont progressivement s'humaniser dans un monde dévasté © Square Enix

Nous sommes en l'an 11.945, et depuis six millénaires, il n'y a plus un seul être humain sur Terre. Après une guerre éclair contre une armée de machines, l'humanité a été chassée de sa planète il y a bien longtemps, pour se réfugier sur la face cachée de la Lune. Avant leur départ, les humains ont abandonné sur une station spatiale un groupe d'androïdes, en leur confiant la mission de reconquérir la Terre à leur place. Depuis, ils n'ont plus jamais donné signe de vie...

Pourtant, quand notre histoire commence, cette guerre de tranchées par procuration ne s'est pas arrêtée. Les envahisseurs contrôlent totalement la planète, et les androïdes pro-humains s'acharnent à essayer de leur reprendre. Parmi eux, 2B, redoutable combattante derrière son apparence de frêle jeune fille, que vous incarnez en pleine mission suicide pour détruire un robot-usine gigantesque, produisant sans cesse de nouvelles troupes ennemies.

Dans cette bataille homérique, elle est aidée par 9S, un autre androïde qui ressemble lui à un jeune adolescent. D'abord distants, ils finiront par se rapprocher face à l'adversité, jusqu'à décider de se sacrifier ensemble pour vaincre leur adversaire. Les deux androïdes ont accompli leur mission : ils sont détruits en même temps que ceux qui les menaçaient.

Fin ? Pas vraiment. 2B se réveille sur la station spatiale, comme si elle émergeait d'un cauchemar. Elle est bien morte sur Terre, mais vivante ici, grâce à un système de boîte noire qui, à chaque fois qu'un androïde est détruit, transfère son esprit dans un nouveau corps. Elle se réjouit donc de retrouver 9S... Sauf que lui n'a aucun souvenir d'elle. Le duo va être à nouveau envoyé sur Terre, pour une mission de reconnaissance qui va tout changer pour 2B : cette fois, sa tête est pleine de questions, et elle est bien décidée à découvrir comment on en est arrivé à cette situation absurde.

Jeu d'action caméléon

Évidemment, le jeu raconte bien plus qu'une simple histoire de guerre de robots. Parmi les jeux qui sont bien plus que ce qu'ils semblent être, "NieR Automata" est une perle rare. Si au départ, c'est un jeu d'action (d'ailleurs très réussi), il passe son temps à changer de forme pour nous surprendre, nous faire réfléchir, voire philosopher (ce n'est pas pour rien que certains boss du jeu s'appellent Engels, Marx ou Beauvoir)...

Une machine dotée d'une mémoire, qui accumule des souvenirs, peut-elle développer un esprit, voire des émotions ? Ces centaines d'automates ennemis que vous affrontez, se contentent-ils d'imiter des attitudes humaines pour vous apitoyer ou ont-ils vraiment évolué ? Et surtout, ce monde en ruines où la nature a repris ses droits, n'est-il pas plus beau et plus paisible en notre absence ?

Ces questions, le jeu ne les pose jamais frontalement, il les suscite à travers vos expériences, comme quand vous entendez soudain des adversaires muets en forme de boîte de conserve se mettre à parler pour dire qu'ils ont peur, ou quand les couleurs et la musique changent entre le monde froid et triste laissé par l'humanité, et celui optimiste et vivant de ceux qui ont pris leur place.

Même au milieu des affrontements, des coups d'éclat, "NieR Automata" est sans cesse teinté d'une sourde mélancolie, qui le rend profondément unique... Au point de se demander s'il n'aurait pas lui aussi une âme.

NIER AUTOMATA - Disponible sur PC, Playstation 4 et Xbox One

Merci à Xavier Demagny et Mathilde Dehimi pour le doublage des voix.

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