Plongée cette semaine dans l'univers cool, funky et globalement cinglé de "Persona 5", un jeu de rôles japonais qui ne ressemble à aucun autre jeu de rôles japonais. Une fable sur l'adolescence, bourrée d'énergie, et aussi superbe qu'élégante.

L'univers de "Persona 5" est coloré, original et flatte l'œil (et les oreilles)
L'univers de "Persona 5" est coloré, original et flatte l'œil (et les oreilles) © Atlus

L'histoire de "Persona 5" commence par un casse, en plein casino, mené par un groupe hétéroclite de voleurs. Leur chef, Joker (rien à voir avec celui de Batman), c'est vous : un jeune homme svelte et élégant, vêtu d'un masque blanc, qui vient de réaliser un énorme coup. Le problème, c'est que s'il a permis à ses complices de s'en sortir, lui va se retrouver entre les mains de la police. Et la liste des crimes qu'on veut lui mettre sur le dos est inquiétante. Extorsion, port d'arme, diffamation et même meurtre.

Comment en est-on arrivé là ? Le jeu commence véritablement avec un flash-back, plusieurs mois plus tôt. Celui que l'on surnommera plus tard Joker est alors un simple adolescent, tout juste transféré dans un nouveau lycée au cœur de Tokyo, suite à une sombre erreur judiciaire. Hébergé par un oncle taciturne, il va tenter de s'adapter à ce nouvel environnement et s'y faire de nouveaux amis, d'autres élèves qui sortent du rang comme lui.

Le maître du haut château

D'ailleurs Joker est encore plus spécial qu'il ne le pense... Tout bascule dans sa vie le jour où il découvre qu'il est capable d'entrer dans un monde parallèle, une version déformée de la réalité. Dans ce monde, son lycée est un immense château médiéval, une représentation de la véritable nature psychique d'un être malfaisant : le prof de sport de l'établissement, un tyran responsable notamment de l'exclusion de l'un des amis de Joker. Un homme qui s'est autoproclamé roi de ce château, et qui va emprisonner Joker.

Mauvaise idée, car ce dernier va se découvrir un autre mystérieux pouvoir, profondément enfoui jusqu'ici : une Persona, créature magique qui lui propose un pacte. Le monstre se nomme Arsène (comme Arsène Lupin). Et petit à petit, le héros va ainsi rallier à lui une armée d'alliés mythologiques, des dieux égyptiens aux yokais nippons en passant par des monstres de l'Antiquité grecque.

Avec ses amis, Joker va alors se lancer dans une série de cambriolages bien particuliers : en s'introduisant dans les palais mentaux d'adultes influents et malfaisants, ils vont tenter de voler leur "Cœur", la représentation symbolique de ce qui les pousse à mal agir, pour les obliger à se repentir.

"Persona" lifté

"Persona 5" est un récit fantastique, qui parle aussi beaucoup de ce qui se passe dans nos têtes ! C'est d'abord une fascinante fable sur l'adolescence, ce moment où l'on ne rêve que de se rebeller contre le monde des adultes. Un monde dont on commence à entrevoir les masques, les tromperies, contre lesquels on tente de canaliser la fougue de la jeunesse.

Le scénario du jeu est complexe, bourré de rebondissements, brillant de bout en bout, mais c'est surtout une œuvre vidéoludique complète, d'une folle originalité, d'une énergie communicative. La bande-son est absolument parfaite, tout comme le style visuel, marqué d'une vraie "patte", qui pousse le souci du détail jusqu'à faire des menus eux-mêmes de petites œuvres d'art. De loin l'épisode le plus agréable à l'œil et aux oreilles de toute la série "Persona".

"Persona 5" imbrique avec un brio enthousiasmant les phases de vie quotidienne au lycée et les audacieux "cambriolages mentaux", croisements improbables entre Freud, le manga et "Ocean's Eleven". C'est un jeu superbe, délicieusement complexe et génialement dingue. Tout ce qu'on aime.

🎮 "PERSONA 5" - Disponible sur PlayStation 4

Merci à Julien Baldacchino, Rémi Brancato, Lorélie Carrive, Xavier Demagny, Abdelhak El Idrissi, Léa Guedj et Frédérick Sigrist pour le doublage des voix

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