Parmi toutes les pathologies dont on attribue la cause au numérique, il y en a une dont vous avez sans doute entendu parler et qu'on désigne sous l'acronyme "FOMO" pour Fear Of Missing Out : la peur de rater quelque chose.

Resté continuellement connecté par peur de rater la moindre information
Resté continuellement connecté par peur de rater la moindre information © Getty / Emilija Manevska

C'est elle, cette peur qui expliquerait notre usage compulsif de nos téléphones, que nous touchons plusieurs dizaines de fois par jour pour regarder ce qui se passe sur notre fil Facebook, sur Twitter ou instagram, sur l'application de notre journal favori. C'est cette angoisse qui explique qu'on ne résiste pas à l'apparition d'une notification. 

Évidemment, des gens en souffrent. Évidemment, il y a des usages marketing et marchands de cette compulsion, ce qui n'est pas reluisant. Mais si on y réfléchit, est-ce que c'est vraiment si terrible cette crainte ? Est-ce que c'est un défaut dont on doit se débarrasser ? 

J'ai pu constater, au cours de ma désormais longue carrière, qu'il n'y avait pas de bon journaliste qui ne soit affublé de cette angoisse : la crainte de rater quelque chose. C'est elle qui fait aller quelque part où quelque chose frémit, elle qui fait y rester un peu plus de longtemps que prévu. C'est cette peur qui fait qu'on se lance dans sa vingtième rentrée littéraire en espérant y dénicher le nouvel auteur dont on va parler. 

Bref, la peur de rater quelque chose, ça peut avoir comme autre nom la curiosité, je n'y ai jamais vu un "vilain défaut"...

On peut aussi se dire que cette crainte serait vertueuse peut-être si les informations partagées concernaient l'état du monde ou de la pensée...

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