Un centre de recherche a publié une étude établissant le niveau de connaissance des Américains en matière de culture numérique.

Qui connait vraiment quelque chose à internet ?
Qui connait vraiment quelque chose à internet ? © Getty / Photographer is my life.

En cette veille de Noël, permettez-moi de vous fournir un sujet de conversation pour le réveillon familial, un sujet plus consensuel que les grève, que vous pourrez dégainer quand tout le monde tombera sur le pauvre neveu ado qui s’ennuie pendant le dîner et est plongé dans son téléphone. Ce sujet, c’est celui de notre compétence numérique, que je pourrais formuler comme suit : "qui y connaît vraiment quelque chose à Internet ?" 

Il y a quelques semaines, le Pew Research Center, un centre de recherche sur le numérique, a publié les résultats d’une étude sur la culture numérique des Américains, qui pourrait nous servir de base, et même donner lieu à un petit jeu. L’étude visait à établir le niveau de connaissance des usagers en posant des questions assez variées

  • Quelle est la principale ressource économique des grandes plateformes ? 
  • Qu’est-ce que la neutralité du net ? 
  • Il fallait aussi être capable de reconnaître Jack Dorsey, le patron de Twitter, sur une photo. 
  • Savoir ce que ça signifie si vous vous rendez sur un site dont l’adresse commence par https (et non pas http). 

Les résultats sont très intéressants

Seuls 2 % des interrogés ont eu tout bon, et le nombre médian de bonnes réponses est de 4 sur 10. Ce qui n’est pas si nul, eu égard au fait que les questions ne sont pas si simples. Intéressant aussi les résultats sont plutôt élevés quand il s’agit de savoir ce qu’est un cookie (un petit programme qui permet de nous tracer sur un site : côté positif, il nous reconnaît quand on revient sur le site, on n’a pas besoin d’entrer à nouveau un login et un mot de passe. Côté négatif, il enregistre toutes nos activités sur le site). Les gens savent aussi ce qu’est le phishing, une forme d’arnaque numérique qui peut intervenir partout (mail, texto, réseaux sociaux). En revanche, ils sont plus approximatifs quand il s’agit de savoir à qui appartiennent WhatsApp et Instagram (tout deux propriétés de Facebook). Donc, il semble y avoir une meilleure connaissance de ce qui relève d’une culture d’usage que d’une connaissance de l’écosystème général.

Deuxième enseignement : des différences assez nettes entre les catégories de population

Ainsi, on trouve les meilleurs scores parmi les personnes les plus diplômées - ça, il faut mieux éviter de le dire pendant le repas familial. Mais l’étude montre aussi que les meilleurs scores se trouvent parmi les personnes âgées de moins de 50 ans (les 18-29 ont 5 bonnes réponses en moyenne, contre 3 pour les plus de 65 ans). Vous pourrez donc défendre votre neveu.

En creux, ça pose une question : qu’est-ce que la culture numérique et comment ça se transmet ? 

Contrairement à la culture générale dont on sait à peu près comment elle se forme, on n’en a pas vraiment idée pour ce qui concerne la culture numérique. Sans doute la famille joue-t-elle un rôle moindre (et encore), idem pour l’école (même si des efforts sont faits) mais peut-être les médias ont-ils une responsabilité plus grande. 

Encore faudrait-il que les journalistes sachent vraiment de quoi ils parlent. Donc, j’ai fait le test. J’ai eu 8 bonnes réponses sur 10, ce qui me situe dans les 12 % les plus acculturés numériquement. Mais j’ai mal répondu à deux questions. La première sur la navigation privée (la question était : à qui est caché votre navigation quand vous utilisez la fonction “navigation privée de votre navigateur ?” eh ben ça n’est qu’à un autre usager, mais pas à votre fournisseur d’accès). La seconde sur la double authentification (qui permet d’assurer que c’est bien vous qui vous connectez à un site, je considérais comme de double authentification des procédures qui n’étaient pas double). Je remarque que ces deux questions sont celles auxquelles les gens répondent le plus souvent faux (ce qui fait de moi une personne très banale, ce que je savais). Je remarque que ce sont deux questions qui sont du même registre : la vie privée. Ce qui est en effet mon problème avec le numérique : je suis victime d’une dissonance cognitive caractérisée. Autrement dit : je sais que la question des données personnelles et de la vie privée est sans doute LA grande question numérique du moment, et c’est celle sur laquelle je suis le plus approximatif. Reste à savoir si ce sera aussi le cas chez vous.

Bon réveillon.

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